Primes aux non-grévistes: polémique à la SNCF

SNCF : des primes pour des cheminots non grévistes font polémique

La SNCF "confirme et assume" avoir attribué des primes exceptionnelles à des agents non grévistes | LCI

Selon des documents internes qu'a pu consulter RTL, l'entreprise ferroviaire aurait versé des primes à certains de ses agents non grévistes pour les "remercier" de leur "implication pendant le mouvement de grève". Le texte est partagé sur les réseaux sociaux par Bérenger Cernon: l'intéressé est responsable du syndicat CGT - Cheminots à la gare de Lyon, à Paris. "Dans le même temps, elle nous explique que l'on doit vendre des actifs et faire des économies drastiques", proteste-t-il.

L'intersyndicale, opposée à la réforme des retraites, a décidé d'une nouvelle grève, le 6 février prochain, avec des perturbations à prévoir à la SNCF. Et après, c'est nous qu'on traite de partisans!

Dans une note envoyée aux rédactions, la SNCF "confirme et assume l'attribution par des managers locaux de primes exceptionnelles à certains agents qui se sont mobilisés de façon exceptionnelle et sur une période particulièrement longue pour assurer la continuité du service public pendant la grève qui a débuté le 5 décembre 2019".

"La stratégie est en consultation avec notre conseil juridique", a précisé Laurent Brun, en s'appuyant sur les articles L2511-1 et L1132-2 du Code du Travail, ainsi que sur "la jurisprudence de la Cour de cassation". "Ça dresse les gens les uns contre les autres", estime le syndicaliste. "S'il y a conflit, c'est à l'employeur de prouver que ce qu'il fait ne constitue pas une discrimination, en démontrant que les bénéficiaires ont été exposés à un surcroît de travail".

Par ailleurs, le groupe ajoute que: "L'engagement et le surcroît d'activité de ces agents non-grévistes ont permis aux trains de circuler y compris les week-ends et pendant les fêtes, aux postes d'aiguillage d'être tenus, et aux voyageurs d'être correctement informés pendant toute la période. La tentative de polémique et de politisation de ces mesures managériales classiques récompensant du travail supplémentaire et de l'engagement pour le service, est tout à fait déplacée".

Si cette initiative est considérée par certains syndicats "comme un réel affront de la part de la SNCF", cela "ne sera pas suffisant pour mettre à nouveau le feu aux poudres", analyse Dominique Andolfatto, politologue spécialiste du syndicalisme et des relations professionnelles.

Alors que les agents grévistes de la SNCF ont reçu des bulletins de salaire bien maigres, voire nuls, pour le mois de janvier, d'autres se sont vus gratifier d'une prime allant de 200 à 1500 euros par la direction de la SNCF.

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