Alexandre Djouhri mis en examen en France pour corruption

Le nom d’Alexandre Djourhi était apparu en particulier lors de la vente suspecte en 2009 d'une villa à un fonds libyen géré par un dignitaire du régime de Kadhafi

Alexandre Djouhri mis en examen en France pour corruption

Protagoniste important dans l'affaire des financements occultes libyens de la campagne présidentielle de Sarkozy, Alexandre Djouhri, l'homme d'affaires franco-algérien, assigné à résidence à Londres, serait arrivé ce jeudi soir en France via l'aéroport Paris Charles de Gaulle et aussitôt remis aux autorités françaises. Il est visé par l'enquête sur les soupçons de financement libyen de la campagne de Nicolas Sarkozy.

Arrêté par la police aux frontières de l'aéroport de Roissy Charles-de-Gaulle jeudi 30 janvier, après une décision d'extradition ordonnée par la justice britannique, Alexandre Djouhri devrait être présenté dans quelques heures aux magistrats anti-corruption.

Alexandre Djouhri était recherché par les enquêteurs français pour "pour corruption active et blanchiment d'argent" Mais pas seulement, selon des documents judiciaires, l'homme serait sous le coup d'inculpation pour huit autres chefs d'accusation dont ceux de "complicité de détournement de fonds publics (...), recel de détournement de fonds publics (...), et blanchiment de détournement de fonds publics par une personne chargée d'une mission de service public ".

Le juge des libertés doit arbitrer sur son placement en détention provisoire, mesure réclamée par le parquet.

Précédemment, l'homme d'affaires avait été arrêté à l'aéroport de Londres en janvier 2018, en vertu d'un mandat d'arrêt européen, pour "corruption" et "détournements de fonds publics".

Alexandre Djouhri, proche de l'ancien Premier ministre Dominique de Villepin puis de l'ex-ministre de Nicolas Sarkozy Claude Guéant, était très attendu par les magistrats français, les investigations ayant mis au jour plusieurs flux financiers suspects l'impliquant dans l'affaire libyenne.

Djouhri est ainsi soupçonné d'avoir perçu près de 10 millions d'euros au total des fonds libyens, en vendant cinq fois son prix une villa à Bachir Saleh, l'ancien grand argentier du régime de Kadhafi.

Lors d'une perquisition à son domicile à Genève en mars 2015, la découverte d'un RIB au nom de Claude Guéant avait aussi intrigué les magistrats.

Après une longue bataille judiciaire, une cour britannique avait confirmé le 22 janvier la décision, rendue en février 2019 par le tribunal de Westminster, de le remettre à la France.

Claude Guéant a toujours soutenu que cette somme était le fruit de la vente de deux tableaux de peinture flamande mais n'a pas convaincu les juges qui l'ont mis en examen.

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