L'Assemblée nationale rejette le congé de 12 jours — Décès d'un enfant

Muriel Pénicaud

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Dans un communiqué, la ministre du Travail Muriel Pénicaud et le secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance Adrien Taquet ont annoncé qu'une "concertation avec les acteurs associatifs, les organisations syndicales et patronales" serait engagée pour "déterminer les mesures pertinentes de soutien aux parents en cas de perte d'un enfant, y compris une meilleure organisation des congés".

De fait, la majorité a retoqué, jeudi 30 janvier, avec le soutien du gouvernement, par 40 voix contre 38 la proposition du groupe UDI-Agir d'allonger à douze jours (au lieu de cinq) le congé des parents qui perdent un enfant mineur.

"J'avais alerté, j'ai dit aux parlementaires qu'ils étaient en train de prendre une décision, qui à mon sens, allait beaucoup de bruit", déclare dimanche 2 février sur franceinfo Guy Bricout, député UDI-Agir du Nord, rapporteur de la proposition de loi visant à faire passer de cinq à 12 jours le congé pour les parents ayant perdu un enfant.

Vendredi matin, c'est le président du Medef, Geoffroy Roux de Bézieux, qui avait demandé un nouveau vote en faveur des douze jours. "On va le corriger avec les parlementaires, avec les partenaires sociaux dans les jours qui viennent, il faut pouvoir permettre un répit plus important, de cinq à 12 jours", a précisé la ministre Muriel Pénicaud.

Président du syndicat des cadres (CFE-CGC), François Hommeril s'était également ému de la position du gouvernement: "Mon cœur se soulève à lire l'argument du rejet:"S'acheter de la générosité sur le dos des entreprises", avait-il tweeté".

Car dans l'hémicycle, jeudi, le débat s'était rapidement envenimé.

Mais les défenseurs du texte sont montés au créneau, disant leur "honte " du refus de la majorité d'étendre le congé. "On parle de la tragédie des tragédies ", avait lancé François Ruffin (LFI), dénonçant une majorité " mesquine ", tandis que Pierre Cordier (LR) dénonçait une " honte ". L'ex-LREM Agnès Thill a critiqué "une humanité à géométrie variable".

Au Royaume-Uni, plaide Guy Bricout, le congé pour le deuil d'un enfant est de 15 jours. Ils m'ont dit qu'ils préféraient que le salarié prenne 12 jours plutôt qu'un congé maladie d'un mois... De toute façon, s'il revient trop tôt, le salarié - fatigué et perturbé - n'est légitimement plus motivé par son travail. Pour lui, il est "choquant" que ce congé soit d'une durée inférieure au congé paternité, qui est de 11 jours.

Quelque 4.500 enfants meurent chaque année en France, souvent avant l'âge d'un an, selon des statistiques gouvernementales. Et qui sait: "peut-être qu'un jour ce pourrait être pris en charge par la sécurité sociale..."

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