Escalade militaire entre la Syrie et la Turquie — Proche-Orient

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell

Le chef de la diplomatie européenne Josep Borrell. Image archive AFP

La Turquie a bombardé hier des positions de l'armée syrienne dans le nord-ouest de la Syrie, tuant au moins 13 soldats, en riposte à des tirs qui avaient fait plusieurs morts côté turc.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), les affrontements ont éclaté avant l'aube après l'arrivée d'un convoi turc de 240 camions et blindés près de la localité de Saraqeb dans la province d'Idleb, que le régime syrien veut reprendre.

"Nos avions F-16 et nos pièces d'artillerie sont en ce moment en train de bombarder des cibles définies par nos services de renseignement", a déclaré Recep Tayyip Erdogan lors d'une conférence de presse à Istanbul. En 2016, Ankara avait mis en cause le régime de Damas après la mort de quatre soldats turcs dans un bombardement aérien dans la région d'Al Bab (nord).

Signe de la gravité de la situation, le ministre turc de la Défense, Hulusi Akar, s'est rendu à la frontière syrienne avec plusieurs hauts gradés, selon son ministère.

Les tensions montent d'un cran dans la région d'Idleb en Syrie, dernier bastion dominé par des djihadistes et des rebelles.

Au moins neuf personnes, dont quatre enfants, ont été tuées et 20 blessées dans de nouveaux raids sur le nord-ouest de la Syrie, selon l'OSDH.

"Des avions de chasse ont visé une voiture qui transportait des déplacés dans l'ouest de la province d'Alep", en proie à des combats entre les forces du régime et les groupes djihadistes et rebelles, a indiqué à l'AFP le directeur de l'OSDH, Rami Abdel Rahmane.

Selon Ankara, les militaires turcs visés ont été envoyés à Idleb pour renforcer les quelque 12 postes d'observation turcs dans la région.

Fort du soutien de Moscou mais aussi de l'Iran, le régime syrien a enchaîné ces deux dernières années les victoires contre les rebelles et les jihadistes et contrôle désormais plus de 70% du territoire national, selon l'OSDH. "Nous allons continuer de demander des comptes", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du parti de Recep Tayyip Erdogan, l'AKP, a estimé que le régime syrien avait attaqué les soldats turcs car il se sentait "protégé par le parapluie russe". Le président turc a justifié cette action militaire par le fait que des soldats de son armée ont été pris pour cible par une attaque à Idlib ( 4 soldats morts et 9 autres blessés).

Selon les médias turcs, Ankara a déployé des renforts dans ses postes d'observation ces derniers jours.

Alors que la Turquie est intervenue militairement en Syrie à trois reprises à ce jour dans des opérations transfrontalières contre l'État islamique et les forces dirigées par les Kurdes soutenues par les États-Unis, qu'elle considère comme une menace terroriste, l'affrontement de lundi a été une rare confrontation directe contre les troupes d'Assad et les milices alliées.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré vendredi que si les bombardements dans la province syrienne d'Idlib se poursuivent, la Turquie pourrait envisager d'y lancer une opération militaire.

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