Le sort d’Isabelle Kocher chez Engie devrait être fixé jeudi 6 février

Le conseil d'Engie vote contre la reconduction de Kocher comme DG

Le sort d'Isabelle Kocher scellé demain

La question de la reconduction d'Isabelle Kocher, la directrice générale d'Engie, à la tête du groupe énergétique français sera tranchée jeudi, ont rapporté mercredi Les Echos.

Le mandat d'Isabelle Kocher arrive normalement à échéance en mai et le conseil d'administration devait initialement se prononcer à la fin du mois de février. Une accélération du calendrier pour mettre fin à un conflit qui menaçait de se politiser et de se déplacer sur le terrain du genre.

Mais le fait qu'Isabelle Kocher, soit la seule femme à diriger une entreprise du CAC 40 est un élément important à prendre en compte. Des personnalités de tous bords politiques (Yannick Jadot, Xavier Bertrand, Anne Hidalgo, Cédric Villani, Pascal Canfin...) ont affiché leur soutien à la dirigeante ces derniers jours.

La suite semble déjà écrite avec la mise en place d'une direction intérimaire. Le député européen EELV Yannick Jadot a ainsi accusé, mercredi 5 janvier, le ministre de l'économie, de "déstabiliser " Engie.

Le ministre de l'Economie et des Finances Bruno le Maire a déclaré mardi que l'Etat prendrait sa décision sur l'avenir d'Isabelle Kocher "uniquement" au regard de critères économiques. Un sujet sensible alors que le gouvernement demande aux groupes d'avoir des comités exécutifs beaucoup plus paritaires. L'hypothèse d'une vente des infrastructures gazières a été évoquée avant d'être démentie par le président d'Engie, Jean-Pierre Clamadieu.

"Femme brillante", selon l'éditorialiste et spécialiste économique Nicolas Beytout, Isabelle Kocher dirige un "mastodonte issu de la fusion entre GDF et Suez, qui pèse 60 milliards d'euros de chiffre d'affaires, et 150.000 salariés dans 80 pays".

Il y a quelque mois, son président Jean-Pierre Clamadieu a même fait évaluer l'action de la directrice générale par un cabinet extérieur.

Selon une source proche du conseil, l'instance se réunira après un comité des nominations et décidera très probablement de ne pas renouveler le mandat d'Isabelle Kocher. "Nous sommes le bras armé industriel de la politique française voulue par le président de la République sur le climat ", affirme-t-elle, en noircissant, par ailleurs, l'action de son prédécesseur, Gérard Mestrallet, qui l'avait pourtant nommé et dont elle était la numéro deux.

Depuis quelques semaines, plusieurs grandes agences de communication se démenaient également pour défendre le bilan d'Isabelle Kocher à la tête d'Engie.

Des sources internes à Engie et des observateurs du groupe indiquent que l'Etat, qui peut se désengager du capital depuis le vote de la loi Pacte, reproche à Isabelle Kocher de s'être entourée d'une équipe dirigeante manquant d'envergure et d'avoir informé trop tardivement le conseil de certaines décisions et orientations stratégiques.

Dernières nouvelles