Duel à Luxembourg — Google contre Bruxelles

Le siège européen de Google à Dublin- AFP /Archives  Peter Muhly

Le siège européen de Google à Dublin- AFP /Archives Peter Muhly

C'est la première amende, qui se monte à 2,42 millliards, qui fait l'objet de plaidoiries à Luxembourg.

Elle est rendue publique deux jours avant des plaidoiries très attendues devant la justice européenne à Luxembourg dans une affaire similaire pour laquelle Google a fait appel. Au delà du cas Google, elle aura valeur de test pour la commissaire européenne à la Concurrence et au Numérique, Margrethe Vestager, qui mène une politique intransigeante vis-à-vis des géants de la Silicon Valley.

A son tableau de chasse, la Danoise a non seulement Google mais aussi Apple, sommé de rembourser à l'Irlande 13 milliards d'euros d'avantages fiscaux jugés indus. Ce dernier conteste également sa décision devant les juges européens.

L'accent est mis sur l'affichage proéminent de Google de son produit en haut de ses pages de résultats de recherche généraux, agrémenté d'images, d'un examen de la carte, des notes et des prix.

Une défaite devant les juges pourrait l'affaiblir, alors qu'elle compte légiférer sur la high tech, un secteur où les entreprises américaines sont largement dominantes. Interrogés par l'AFP, la Commission européenne et Google n'ont pas souhaité faire de commentaire.

Pour se défendre, Google devrait d'abord faire valoir que la Commission a mal appliqué un argument déjà utilisé dans une bagarre juridique gagnée en 2007 contre Microsoft, où la firme américaine avait été forcée de laisser de la place à ses concurrents.

Alphabet (GOOGL.O), Google fait face à un risque de problèmes antitrust européens supplémentaires après que 40 rivaux des deux côtés de l'Atlantique l'ont accusé de favoriser son propre service de location de vacances sur son moteur de recherche et ont exhorté les autorités de contrôle de l'Union européenne à prendre des mesures.

Dans une réaction obtenue par le Financial Times, Google indique tester un nouveau format pour les recherches spécialisées en Europe, notamment pour les voyages et emplois.

Deux jours avant les plaidoiries, de grandes plateformes comme Expedia et Tripadvisor et des fédérations d'entreprises touristiques ont d'ailleurs dénoncé ce comportement dans une lettre à la Commission européenne. "Nous avons conçu cette présentation afin de mettre en avant le large éventail de choix disponibles", a ajouté un porte-parole de l'entreprise.

Pour éclairer ce constat, Guillaume Tessonnière nous expliquait à la fin de l'année dernière que "les analyses sur les requêtes effectuées sur Google démontrent que plus de 50% des recherches mobiles terminent sur aucun clic ou renvoient l'internaute vers un service de Google". Et après Shopping, les juges européens devront trancher les litiges en cours liés au système d'exploitation pour smartphones Android et à la régie publicitaire de Google.

Dernières nouvelles