Cinéma : " La Fille au bracelet ", portrait d’une ado aujourd’hui

Dans la jungle des villes

Année Zéro

Il a l'intelligence de ne pas se concentrer uniquement sur le procès, mais de reconstituer des vidéos et des pièces du dossier qui permettent de rendre son vrai-faux fait divers crédible, pour servir son propos, à savoir observer les soubresauts intimes d'une famille lorsqu'un de ses membres est soumis à pareille accusation. Non pour décevoir son attente mais pour renforcer l'opacité de son héroïne et sonder les mystères de l'adolescence. Ils découvriront bientôt que leur fille est soupçonnée d'avoir tué, une nuit, à la suite d'une fête, sa meilleure amie, Flora.

C'est une jeune fille de 19 ans comme les autres, qui vient d'obtenir son bac et qui, par chance, vit dans un milieu social protégé des tempêtes. Ni colère, ni émotion... Seule une froide détermination à dire sa vérité sans volonté apparente de convaincre. Dans le cadre oppressant de la salle d'audience du tribunal de Nantes aux murs rouge sang, le réalisateur filme avec une sécheresse toute documentaire, nous plaçant tantôt dans la peau des jurés qui découvriraient tout de l'affaire, tantôt dans celle des parents ébranlés dans leurs certitudes.

Stéphane Demoustier, l'auteur, en 2014, de Terre battue, s'attaque à son tour au genre dans La Fille au bracelet, un film qui relève de la "pure " fiction et ne s'inspire pas de faits réels.

Visage impassible, fragilité profondément enfouie derrière son masque d'indifférence, Melissa Guers impressionne dans le rôle de Lise, face à laquelle Roschdy Zem et Chiara Mastroianni, parents brisés, prêtent leur grande sensibilité.

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