La direction de l'Académie des Césars démissionne — Affaire Polanski

15 jours de la prochaine cérémonie la direction de l’académie des César annonce sa démission collective

César 2020: Critiquée de toutes parts, la direction de l’Académie démissionne

Cette annonce choc survient après une tribune publiée lundi soir dans "Le Monde", où quelque 400 personnalités dont Omar Sy, Bertrand Tavernier, Michel Hazanavicius, Jacques Audiard, Céline Sciamma, Marina Foïs ou Agnès Jaoui ont réclamé une "réforme en profondeur" de l'Académie des César.

La direction des César a annoncé ce jeudi soir sa "démission collective", à 15 jours de la prochaine cérémonie annuelle, sur fond de crise, entre dénonciation de l'opacité de la gestion de l'académie et la polémique Polanski. Cette démission collective permettra de procéder au renouvellement complet de la direction, a expliqué l'Académie par voie de communiqué. "L'Assemblée Générale qui se réunira après la Cérémonie du 28 février 2020, pourra élire une nouvelle direction pour préparer ainsi, sous l'égide du CNC, les modifications des statuts fondateurs de l'Association pour la Promotion du Cinéma, et mettre en œuvre les mesures de modernisation annoncées". Elles fustigent un "système de cooptation, vestige d'une époque que l'on voudrait révolue, et qui ne reflète pas la vitalité du cinéma français actuel". Présidée depuis 2003 par le producteur Alain Terzian, la direction de l'Académie a voté à l'unanimité. La liste des membres de l'Académie, constituée de 4.700 professionnels du cinéma, est en effet confidentielle.

L'Académie est elle-même régie par l'APC, dont les membres sont les professionnels ayant reçu un Oscar, les anciens présidents et plusieurs personnalités, soit 47 membres.

Pour faire face à la crise, Alain Terzian, qui semblait jusque là indéboulonnable, avait annoncé des mesures en vue d'instaurer la parité au sein du collège des votants (35% de femmes actuellement), du conseil d'administration (28,5% de femmes) et de l'APC (17% de femmes). Parmi les suggestions de la militante féministe: "ne pas admettre d'agresseur sexuel et de violeur parmi ses membres, puisque Roman Polanski fait partie de cette association; ne pas admettre parmi les candidats à un prix qui est prestigieux des agresseurs condamnés comme ça a été le cas pour Roman Polanski aux États-Unis". Elles appellent à manifester devant la salle Pleyel à Paris où se déroulera la cérémonie. Mais la gouvernance de l'association, ses finances, et le déroulement de la cérémonie, leur échappent complètement.

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