Perquisition aux éditions Gallimard à Paris — Affaire Matzneff

L'homme est assis et croise les mains

Gabriel Matzneff le 22 mars 2002 au Salon du livre

Une perquisition avait déjà eu lieu mercredi 12 février dans les locaux des éditions Gallimard à Paris dans le cadre d'une enquête préliminaire pour "viols commis sur mineur" à l'encontre de l'écrivain Gabriel Matzneff.

Les enquêteurs recherchent des passages écrits de Gabriel Matzneff ne figurant pas dans ses ouvrages publiés, afin d'identifier des victimes potentielles, au lendemain d'une perquisition chez l'éditeur Gallimard.

Gabriel Matzneff, l'écrivain français qui a parlé ouvertement pendant des décennies de s'engager dans la pédophilie, a été inculpé mercredi devant un tribunal de Paris pour promotion des abus sexuels sur enfants.

Vanessa Springora a été la première à témoigner.

" Il y a plusieurs objectifs " dans une " enquête ": " la manifestation de la vérité, vérifier si les faits sont prescrits ou non et faire en sorte qu'il n'y ait pas de victimes oubliées", a expliqué mardi le procureur de la République de Paris.

L'homme porte une toge et des vêtements sur son bras
Emmanuel Pierrat l'avocat de Gabriel Matzneff arrive au tribunal à Paris le 12 février

Dans sa citation à comparaître, que l'Agence France-Presse a pu consulter, l'association évoque trois articles parus entre la fin de décembre et le début de janvier dans les hebdomadaires L'Obs et L'Express, ainsi que dans le quotidien Le Parisien, et accuse l'écrivain d'avoir fait l'apologie d'actes pédophiles " et précisément de crime de viol aggravé " en évoquant la relation qu'il a eue avec Vanessa Springora. "S'il y a eu d'autres victimes", il faut "leur permettre de s'exprimer, de prendre en compte leur parole et de poursuivre l'auteur des faits", a-t-il ajouté.

Gabriel Matzneff s'est exprimé mardi lors d'une interview dans les colonnes du New York Times.

"J'ai l'impression d'être un mort vivant, un mort marchant, marchant le long du front de mer". Qui sont-elles pour juger leurs semblables? Déconcerté, Matzneff l'a aussi été lorsqu'il a appris que le livre de Vanessa Springora, avait été décidé lorsqu'il a reçu le prix Renaudot.

Dans un entretien avec l'ex-site Biffures, en 2008, l'écrivain déclarait avoir "autocensuré" des "passages" de ses écrits qui risquaient d'être "jugés spécialement scandaleux" et les avoir mis "en sécurité dans un coffre de banque".

Dans une interview diffusée fin janvier sur BFMTV, il avait affirmé "regretter" ses pratiques pédophiles passées en Asie, tout en faisant valoir qu' "à l'époque", "jamais personne ne parlait de crime". Dans une lettre, il avait dit ne pas mériter "l'affreux portrait" publié par l'éditrice.

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