Le groupe d'extrême droite visait des mosquées — Allemagne

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"Ce qui a été mis en lumière est effrayant", a réagi le ministère de l'Intérieur, qui a réaffirmé l'importance de la protection des lieux de culte. "Quiconque veut pratiquer sa religion ici en Allemagne doit pouvoir le faire sans menace", a affirmé de son côté Steffen Seibert, porte-parole du gouvernement. Au cours d'une réunion organisée la semaine dernière avec ses alliés, il a révélé les détails de son plan.

Selon le magazine Der Spiegel et le quotidien Bild, le groupe, dont douze membres ont été mis en détention samedi après des perquisitions dans toute l'Allemagne vendredi, voulait frapper des lieux de culte musulmans pendant la prière.Ils comptaient imiter l'attentat de Christchurch, en Nouvelle-Zélande, qui a causé la mort de 51 personnes dans deux mosquées l'an dernier.

Selon le journal populaire Bild, il s'agit de Werner S., 53 ans, habitant Augsbourg en Bavière. Dans des échanges sur la toile, il aurait menacé de sectionner les mains de ceux qui n'ont pas les mêmes opinions que lui. Les enquêteurs en ont eu connaissance grâce à un informateur infiltré dans le groupe, selon les médias allemands. Parmi les personnes interpellées, quatre sont soupçonnées d'être les chevilles ouvrières du groupuscule alors que les huit autres leur auraient fourni un soutien financier et logistique. Ces attaques avaient pour but de déclencher des "conditions proches de la guerre civile " et ébranler l'ordre social, selon des sources sécuritaires citées par l'agence DPA. Lors des perquisition vendredi les enquêteurs ont notamment retrouvé des haches, des épées et des armes à feu. Parmi les suspects, tous de nationalité allemande, figure un policier de Rhénanie du Nord-Westphalie qui a été suspendu, selon la presse. Ces arrestations "sont la preuve que les services de sécurité restent vigilants ", a-t-il assuré, indiquant que 50 personnes liées à la mouvance d'extrême droite et considérées comme "des dangers pour la sécurité de l'Etat " sont actuellement particulièrement surveillées par les services de renseignement. "Nous ne devons pas rester silencieux face à la haine et la violence ni relativiser le danger venant de la droite", a-t-elle écrit dans un communiqué.

Les autorités allemandes s'inquiètent d'un terrorisme d'extrême droite depuis notamment le meurtre d'un élu allemand pro-migrants, membre du parti de la chancelière Angela Merkel, en juin dernier. Elles étaient soupçonnées d'avoir dressé une liste noire de personnalités de gauche et promigrants à abattre.

En octobre, un extrémiste de droite négationniste a tenté de commettre un attentat dans une synagogue de Halle, un massacre évité de justesse.

À Dresde, dans l'ex-RDA, huit néonazis sont également jugés depuis près de cinq mois pour avoir planifié des attentats contre des étrangers et des responsables politiques.

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