Pas de menaces sur l'emploi, assure le PDG d'Alstom — Alstom-Bombardier

Ph: AFP

Alstom annonce un accord pour racheter Bombardier Transport

"Cette acquisition renforcera notre présence internationale ainsi que notre capacité à répondre à la demande toujours plus importante de solutions de mobilité durable".

Au lendemain de l'annonce de la vente de Bombardier Transport à la française Alstom, le titre de l'entreprise montréalaise recule de plus de 8 % à la Bourse de Toronto. Elle emploie 36 000 personnes.

Bombardier dispose notamment à Crespin (Nord) de la plus grosse usine ferroviaire de France, Alstom exploitant de nombreux sites plus petits, avec 2.000 employés. Les deux entreprises ont confirmé, lundi 17 février, être entrées en négociation exclusives pour la vente des trains et métros de la société canadienne. "La transaction n'est pas du tout pensée dans une idée de restructuration ou de menaces sur l'emploi, assure-t-il". "Ce n'est pas une fusion défensive dans laquelle nous essaierions de gagner des synergies de coûts par des restructurations, c'est une fusion offensive dans un marché en croissance".

Le groupe ainsi formé devrait avoir un chiffre d'affaires cumulé de plus de 15 milliards d'euros, avec un carnet de commandes de plus de 75 milliards.

Une acquisition à 6 milliards d'eurosUne année après le refus de la Commission européenne concernant la fusion d'Alstom avec l'allemand Siemens, le constructeur ferroviaire français change de cible. Il restera à voir quelle sera la réaction de Bruxelles quant à ce nouveau mariage ferroviaire. Le ministre français des Finances, Bruno Le Maire, doit s'entretenir mardi avec la vice-présidente de la Commission, Margrethe Vestager, dont le veto avait été très critiqué l'an dernier à Paris et à Berlin. Cette fois, c'est officiel: le groupe français Alstom vient de s'offrir la division ferroviaire du groupe canadien Bombardier.

La CDPQ, qui détient actuellement 32,5% de Bombardier Transport, doit devenir au terme de l'opération le premier actionnaire d'Alstom avec environ 18% du capital, a indiqué le groupe français dans un communiqué.

Le groupe canadien dit vouloir se recentrer sur son activité d'aviation d'affaires et utiliser le produit de la cession pour accélérer son désendettement.

Alstom s'est engagé à développer ses activités au Québec et à installer le siège de ses opérations américaines à Montréal. Et Bombardier devrait en récupérer 3 %.

La transaction, payée pour partie en numéraire et pour partie en actions nouvellement émises par Alstom, doit encore être approuvée par les autorités de la concurrence, un élément important après le rejet par la Commission européenne, en février 2019, de la prise de contrôle d'Alstom par l'Allemand Siemens. La finalisation du rachat est attendue pour le premier semestre 2021.

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