Kizito Mihigo, un célèbre chanteur dissident rwandais, retrouvé mort dans sa cellule

Rwanda : Kizito Mihigo, artiste critique du régime de Paul Kagame, se serait suicidé dans sa cellule

Kizito Mihigo, un célèbre chanteur dissident rwandais, retrouvé mort dans sa cellule

La thèse du suicide est questionnée par HRW comme par des activistes en exil. Le chanteur gospel et opposant au régime de Paul Kagame, Kizito Mihigo, a été retrouvé, très tôt ce matin, mort dans la cellule où il était détenu depuis le 13 février dernier.

Depuis, ses proches partageaient leur étonnement, assurant qu'il ne leur avait pas parlé d'un projet de départ.

La thèse du suicide concernant Kizito Mihigo est cependant peu crédible, selon Lewis Mudge, directeur à Human Rights Watch pour l'Afrique centrale. "Trop souvent, les cas sensibles au Rwanda ne se soldent pas par des morts mystérieuses ou des disparitions", estime-t-il dans une déclaration à l'agence de presse américaine AP. Lewis Mudge appelle à une enquête pour déterminer si Kizito Mihigo a été "maltraité, ou tué dans sa cellule".

A sa sortie de prison, Kizito Mihigone ne sera plus invité aux grands événements publics où il avait l'habitude d'entonner l'hymne national. Chantant la réconciliation, lui-même rescapé du génocide, Kizito Mihigo, jusque-là apprécié par le président rwandais Paul Kagame, tombe en disgrâce en avril 2014 après avoir enregistré une chanson qui est interdite par les autorités.

Il s'est attiré les foudres du Front populaire rwandais (FPR) en 2013 après avoir composé des chansons qui remettaient en question la façon dont le gouvernement exerçait un contrôle strict sur l'héritage de la tragédie de 1994. "Kizito Mihigo était de nouveau derrière les barreaux depuis trois jours, un an et demi après avoir été libéré par grâce présidentielle". Sa musique, autrefois populaire auprès des élites dirigeantes, a été rapidement interdite.

L'artiste, qui a survécu au génocide au Rwanda et dont les chansons provoquaient la colère des autorités rwandaises, avait été condamné à une peine de dix ans de prison en 2015 pour conspiration. Mais cette liberté était assortie de certaines conditions: interdiction de quitter le territoire national sans autorisation, obligation de se présenter chaque mois au parquet durant toute la période d'incarcération qui lui restait. Deux ans plus tard, il a été accusé de terrorisme et de soutien à un mouvement politique d'opposition et condamné à 10 ans de prison. Ses avocats avaient souligné l'absence de preuves contre leur client. Mihigo n'est pas la première personnalité critique envers le gouvernemenr à mourir de manière suspecte pendant une détention au Rwanda.

Au pouvoir depuis 1994, Paul Kagame est accusé de diriger le pays d'une main de fer, de réprimer toutes les formes de dissidence et d'emprisonner ou d'exiler des politiciens de l'opposition.

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