Les Etats-Unis en rajoutent une couche sur Airbus — Taxe douanière

Les États-Unis augmentent les taxes punitives sur les avions Airbus

Taxe douanière : les Etats-Unis en rajoutent une couche sur Airbus

Washington a annoncé vendredi que les Américains allaient relever les taxes douanières imposées aux avions Airbus importés d'Europe, tout en laissant inchangés les tarifs qui pénalisent d'autres secteurs de part et d'autre de l'Atlantique.

À partir du 18 mars, les importations d'Airbus seront taxées à hauteur de 15%.

Les États-Unis ont obtenu de l'Organisation mondiale du commerce (OMC) l'autorisation d'imposer 7,5 milliards de dollars de produits importés sur le sol américain.

Dans un communiqué, le constructeur aéronautique européen, fait valoir que les compagnies aériennes américaines - qui ont passé d'importantes commandes d'avions à Airbus - seront in fine victimes de cette décision. "Elle ignore également les observations des compagnies américaines qui soulignaient le fait qu'elles seraient celles qui, au final, payeraient ces tarifs", a déclaré le groupe dans un communiqué.

Au conflit vieux de 15 ans qui oppose Airbus à Boeing par le biais de leurs États, s'ajoutent les tensions commerciales entre Washington et Bruxelles.

Le président américain Donald Trump utilise ces taxes surtout comme un instrument de négociation.

Du coup, à chaque nouvelle décision, les différents secteurs concernés retiennent leur souffle, dans l'espoir que leur catégorie soit retirée de la liste et dans la crainte que les tarifs ne soient augmentés, à l'image du Distiller Spirits Council, une association professionnelle américaine qui estimait vendredi que "l'industrie des boissons spiritueuses des deux côtés de l'Atlantique a suffisamment souffert " de ces hausses.

Lundi, il a déclaré qu'il était temps de négocier "très sérieusement" un accord commercial avec l'Union européenne, souhaitant un accès accru des produits américains, notamment agricoles, à l'UE. Après des mois de guerre commerciale avec la Chine, à coups de tarifs douaniers punitifs réciproques, il s'est exclamé: "Notre stratégie a payé!". "Nous essayons d'aider autant que possible, mais nous ne sommes pas l'un contre l'autre dans cette situation, du moins à mon avis", a-t-il ajouté, se disant "solidaire", les avions produits en Europe étant eux-mêmes soumis à une taxe de 10%. De quoi faire frémir les viticulteurs, mais aussi les importateurs américains de vin français, qui, dans une lettre à l'USTR ont chiffré de 11'200 à 78'600 les pertes d'emplois aux États-Unis si ces menaces étaient mises à exécution.

De leur côté, les viticulteurs français réclament à Airbus un fonds de compensation à hauteur de 300 M€ pour les dédommager.

"Je comprends leur profonde frustration d'être pris en otage", a souligné Guillaume Faury, patron d'Airbus, lors d'une conférence de presse à Toulouse jeudi. Si l'OMC a d'ores et déjà autorisé les Etats-Unis à appliquer des mesures de représailles, une décision similaire est en effet attendue pour l'UE au printemps. Ce sont en effet les compagnies qui achètent les avions qui doivent payer les taxes douanières, ce qu'Airbus ne manque pas de souligner.

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