L'épidémie va coûter cher au secteur aérien

Des Français s'installent dans la nuit du 30 au 31 janvier 2020 à bord d'un avion en partance pour la France depuis Wuhan, foyer de l'épidémie de coronavirus

Selon l'IATA, la croissance du trafic aérien mondial pourrait être complètement annihilée par le coronavirus si la crise devait durer

L'épidémie de Covid-19 pourrait entraîner un manque à gagner total de près de 30 milliards d'euros pour les compagnies aériennes en 2020, dont 27,8 milliards pour celles qui exercent dans la zone Asie-Pacifique, a estimé jeudi l'Association internationale du transport aérien (Iata).

En décembre dernier, l'IATA prévoyait une croissance mondiale du trafic aérien en passager-kilomètre payant (RPK) de 4,1%. "Les compagnies aériennes suivent les directives de l'Organisation mondiale de la santé et d'autres autorités de santé publique pour assurer la sécurité des passagers, le monde connecté et le virus contenu", a déclaré le PDG de l'IATA, Alexandre de Juniac, dans un communiqué.

Cette situation "aura un impact financier sur les compagnies aériennes", qui sera "sévère" pour celles qui sont "particulièrement exposées au marché chinois", ajoute M.de Juniac, selon qui les gouvernements ont un "rôle important à jouer" dans cette crise.

Mais l'association souligne également que les conséquences pourraient être plus importantes, si jamais l'épidémie s'étendait davantage dans la région Asie-Pacifique: "l'impact sur les compagnies aériennes du reste du monde serait supérieur".

Plus tôt dans la journée, Air France-KLM a déclaré s'attendre à ce que l'épidémie ait un impact négatif de 150 à 200 millions d'euros sur son résultat d'exploitation d'ici à avril prochain, en considérant que ses liaisons avec la Chine resteraient suspendues jusqu'à cette date.

"Les compagnies aériennes prennent des décisions difficiles pour réduire leur capacité et, dans certains cas, des lignes". "La baisse des coûts de carburant contribuera à compenser une partie des revenus perdus".

Le groupe a basé ses estimations sur le coronavirus ayant un "impact en forme de V sur la demande" comme cela s'est produit lors de l'épidémie de SRAS de 2003, qui a été marquée par une baisse de six mois et "une reprise tout aussi rapide".

Selon l'Iata, l'épidémie de Sras avait engendré un manque à gagner de 6 milliards de dollars pour les compagnies aériennes asiatiques.

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