Harvey Weinstein reconnu coupable d'agression sexuelle et de viol

Harvey Weinstein condamné : pas de prison mais une hospitalisation

Seth Wenig AP SIPA

Jugé à New York, l'ex-producteur de cinéma Harvey Weisntein, 67 ans, a été reconnu coupable lundi 24 février de viol et agression sexuelle.

Inculpé pour agression sexuelle sur l'assistante de production Mimi Haleyi en 2006 et de viol sur l'actrice débutante Jessica Mann en 2013, Harvey Weinstein a plaidé non coupable. Il a, en revanche, été disculpé des accusations de "prédateur" qui lui faisaient risquer la perpétuité. Le producteur a été emprisonné en attendant de connaître sa peine, le 11 mars. Il risque 25 ans de prison.

Ce verdict en forme de premier jalon judiciaire pour le mouvement #MeToo est "une nouvelle ère pour la justice", s'est félicitée l'organisation Time's Up, née dans le sillage des révélations pour lutter contre les agressions sexuelles au travail. "Le verdict du jury envoie un puissant message au monde sur l'ampleur des progrès accomplis depuis que les femmes qui sont sorties du silence contre Weinstein ont déclenché un mouvement inarrêtable", affirme Time's Up. Celle de l'acteur Bill Cosby résulte de poursuites entamées en 2015, avant que le mouvement anti-agressions sexuelles ne commence en octobre 2017.

Arrivé lundi au tribunal de Manhattan mal rasé et voûté sur son déambulateur, comme tous les jours depuis le début de son procès en janvier, Harvey Weinstein en est ressorti menotté.

Au total, plus de 80 femmes, dont des actrices célèbres comme Rosanna Arquette ou Annabella Sciorra, accusent Harvey Weinstein d'agressions sexuelles ou de viols sur une période couvrant plusieurs décennies. Ce viol présumé, bien que prescrit, pouvait seul déclencher la circonstance aggravante. Les avocats de la défense ont tout tenté pour discréditer ses accusatrices. Les avocats d'Harvey Weinstein ont produit une série de courriers électroniques montrant que Mimi Haleyi et Jessica Mann avaient maintenu le contact, de leur propre initiative, avec l'accusé après les faits présumés.

Dans le cas de Jessica Mann, la victime présumée a même concédé avoir eu des relations sexuelles sans opposition avec Harvey Weinstein jusqu'en 2016. "Ce n'était pas une relation", avait martelé la procureure Joan Illuzzi-Orbon, affirmant que "Jessica Mann était la poupée de chiffon de Harvey Weinstein".

Mimi Haleyi a elle raconté avoir eu un rapport sexuel initié par l'accusé deux semaines environ après le viol présumé, sans manifester de résistance.

L'accusation a aussi rappelé qu'aucune des deux femmes n'avait attaqué en justice Harvey Weinstein pour obtenir réparation financière et qu'elles n'avaient aucun intérêt à venir témoigner au procès.

"C'est un jour nouveau car Weinstein a enfin été tenu responsable de ses actes", s'est réjoui Cyrus Vance, procureur de Manhattan, au cours d'une conférence de presse, avant de saluer les jurés.

"Elles ont sacrifié leur dignité, leur intimité, leur quiétude dans l'espoir de faire entendre leur voix" au procès, leur avait opposé la procureure. Cette condamnation n'aurait pas été rendue possible sans le témoignage des femmes courageuses et des nombreuses femmes qui ont pris la parole.

Ce verdict de culpabilité pourrait constituer un tournant pour le mouvement #MeToo, mais aussi pour la jurisprudence de ce type d'affaires, qui donnent très rarement lieu à des condamnations. Après le procès new-yorkais pour Harvey Weinstein, un autre l'attend, cette fois-ci à Los Angeles.

Un viol est un viol, qu'il soit commis par un inconnu dans une ruelle sombre ou par un partenaire dans une relation intime.

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