Coronavirus: la Bourse de Tokyo poursuit sa chute (-6,08%)

A Tokyo le Nikkei chute de plus de 6% | Crédits

A Tokyo le Nikkei chute de plus de 6% | Crédits

Dans la foulée des plongeons de jeudi sur les grandes Bourses occidentales, déprimées par l'aggravation de la pandémie de coronavirus, toutes les places d'Asie vivent, ce vendredi, une nouvelle journée noire.

Wall Street avait également rebondi vivement à l'ouverture: le Dow Jones de 5,84% et le Nasdaq de 5,67%.

"La question est de savoir si les investisseurs tiendront leurs positions acheteuses durant le weekend", a souligné Vincent Boy, analyste marché chez IG France.

"Seule l'atteinte du pic épidémique mondial conjuguée à des mesures de soutien monétaires et budgétaires (et évidemment la découverte d'un vaccin) permettront le retour à la sérénité sur les actifs risqués", estime Franklin Pichard, directeur général de Kiplink Finances.

"Entretemps, tout rebond ne sera qu'éphémère", prévient-il.

L'indice vedette Nikkei creusait ses pertes dans les premiers échanges, lâchant 7,43% à 17.180,55 points après 00H30 GMT, après avoir déjà cédé 4,4% la veille.

Cette décision unilatérale avait provoqué une hécatombe jeudi sur les Bourses mondiales, de Paris à Wall Street en passant par Londres et Sao Paulo, certaines enregistrant leur pire chute depuis le krach d'octobre 1987. Le yen, valeur refuge traditionnelle dont l'appréciation fait mal aux entreprises japonaises exportatrices, tenait toutefois bon vendredi face au dollar, lequel valait 105,11 yens contre 103,65 yens la veille après la clôture de la Bourse de Tokyo.

Le Nikkei avait déjà lâché 4,4% jeudi, à la suite de l'annonce surprise par Donald Trump d'une suspension des voyages d'Europe vers les Etats-Unis pendant 30 jours pour endiguer la pandémie du Covid-19 sur le sol américain.

Les actions en ordre dispersé des Etats et des banques centrales mondiales face à la pandémie "ajoutent de l'huile sur le feu" en augmentant les incertitudes, écrivait vendredi Rodrigo Catril, stratégiste de la National Australia Bank.

La Banque centrale européenne (BCE) a dévoilé jeudi un paquet de mesures pour limiter l'impact économique de la crise sanitaire dans la zone euro.

Cette dernière a d'ailleurs à nouveau dégainé jeudi, renouant avec le rachat de dette à travers les bons du Trésor, et promettant d'injecter des milliers de milliards de dollars d'argent frais, ce qui n'a pas empêché le Dow Jones de chuter de presque 10%.

L'euro baissait encore très légèrement face au dollar, à raison d'un euro pour 1,1156 dollar, contre 1,1176 dollar la veille à 15 h HE.

Vers 08H20 GMT le baril de brut américain WTI gagnait 4,1% à 32,79 dollars, pendant que le baril de Brent de la mer du Nord prenait 4% à 34,55 dollars.

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