Vaccin coronavirus: Berlin dit vouloir se défendre face aux appétits américains

Coronavirus Donald Trump tente d’assurer l’exclusivité d’un vaccin aux Etats-Unis

Vaccin coronavirus: Berlin dit vouloir se défendre face aux appétits américains

Il réagissait à des informations publiées dimanche par le quotidien allemand Die Welt sur des tensions qui existeraient entre Berlin et Washington en raison de la volonté des Etats-Unis de mettre la main sur un projet de vaccin en cours contre le coronavirus actuellement développé par un laboratoire allemand, la société CureVac. Une information confirmée par le gouvernement allemand dans la foulée.

" Nous sommes très confiants dans notre capacité à développer un vaccin puissant d'ici quelques mois, avait alors déclaré M. Menichella, depuis remplacé à la tête de CureVac par Ingmar Hoerr, dans un communiqué de presse publié par son entreprise".

Pour Donald Trump, ce projet est une mine d'or, d'autant que le laboratoire a indiqué être à quelques mois d'un projet de vaccin, qu'il souhaite présenter en projet pour validation. Il a ainsi bénéficié de subventions du gouvernement allemand.

Comme dans un mauvais scénario, Monsieur Trump aurait proposé aux scientifiques allemands travaillant sur le vaccin contre le Covid-19, de venir aux Etats-Unis contre d " importantes contributions financières, il aimerait s'accaparer le médicament exclusivement pour son pays.

Un représentant gouvernemental américain, interrogé dimanche, avait estimé que cette affaire était "grandement exagérée".

Pour ce faire alors, le 3 mars dernier, le PDG du laboratoire a été personnellement invité par le président américain à la Maison Blanche. Une position "remarquable [et] sans ambiguïté", saluée par le ministre de l'Economie, Peter Altmaier.

Le président du parti libéral allemand (FDP), Christian Lindner, s'est montré moins diplomatique à l'égard de Donald Trump.

Elle a aussi rappelé que Berlin pouvait mettre son veto à des projets d'acquisition ou d'investissement dans des entreprises nationales jugées stratégiques.

"En période électorale tous les moyens sont bons manifestement pour le président américain", soucieux de s'assurer la gloire du premier vaccin, a-t-il dit.

Sur son site Web, CureVac fait savoir que le président de son conseil d'administration, Daniel Menichella, s'est rendu à la Maison-Blanche début mars, où il s'est entretenu avec Donald Trump, le vice-président américain Mike Pence, des membres du groupe d'étude sur le coronavirus et d'autres cadres supérieurs des industries pharmaceutique et biotechnologique. La lutte contre le coronavirus est une tâche qui concerne l'humanité toute entière, il n'y a pas de place pour l'égoïsme.

"Le gouvernement a la possibilité d'examiner de près des acquisitions d'entreprises allemandes par des Etats étrangers, surtout s'il en va des intérêts de sécurité de l'Allemagne et de l'Europe", a averti le ministère. C'est qu'entretemps la résistance s'est manifestement organisée côté allemand, et notamment au sein de l'entreprise concernée, face aux velléités américaines.Le ministre allemand de l'Economie a ainsi félicité de la "décision formidable" de CureVac de ne pas céder aux avances américaines et d'avoir "répondu clairement".

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