La France prend les "mesures de confinement qui s'imposent", selon Véran — Coronavirus

Olivier Véran lors d'un déplacement cette semaine à Issy-les-Moulineaux

Olivier Véran lors d'un déplacement cette semaine à Issy-les Moulineaux Bertrand GUAY AFP

Pendant au moins deux semaines, l'ensemble de la population est ainsi appelée à rester chez elle sous peine d'amendes, à quelques rares exception près, personnels de santé ou forces de l'ordre notamment.

Face à la propagation exponentielle du coronavirus et un sens de la discipline pas toujours au rendez-vous chez les Français, "le mot d'ordre est clair: restez chez vous!", a exigé le ministre de l'Intérieur Christophe Castaner.

Concrètement, toutes les personnes qui circuleront devront être "en mesure de justifier leur déplacement", au risque de se voir infliger une amende jusqu'à 135 euros.

À 14 h, Paris présentait son visage du 15 août, déserté et silencieux.

Peu avant midi, le gardien du parc du Hautmont à Mouvaux (Nord), ville de 13.000 habitants de la métropole lilloise, ferme le parc à jeux, sous un beau soleil: "Ce matin encore, il y avait là une quinzaine d'enfants". Le toboggan est en métal, on sait que le virus reste longtemps sur cette matière.

Dans les prisons, les parloirs sont suspendus à partir de ce mercredi: " Une mesure provisoire", a promis la ministre de la Justice, Nicole Belloubet. La fédération française de l'industrie pharmaceutique (Leem) a pourtant affirmé qu'il n'y a " aucune pénurie " à ce jour. Le ministre de la Santé si.

" Pour protéger les Français, nous prenons les mesures de confinement qui s'imposent, explique le ministre de la Santé Olivier Véran sur Twitter". Il a raconté que des hélicoptères du service de santé des armées assurent le transfert des "malades graves, jeunes, pour les envoyer dans d'autres hôpitaux dans les régions ou nous avons de la place".

Compte tenu de cet état de " guerre ", toutes les réformes, notamment celle des retraites, très controversée, sont " suspendues ". Mais " le Parlement ne s'arrêtera pas", a garanti Richard Ferrand, le président de l'Assemblée nationale. Le Sénat fera de même. Le ministre de l'Économie Bruno Le Maire, qui a dit s'attendre à une chute de 1% du PIB cette année, a ainsi annoncé que le gouvernement allait mobiliser de manière "immédiate" 45 milliards d'euros pour soutenir les entreprises et les salariés, notamment via le report du paiement de toutes les charges fiscales et sociales dues par les entreprises.

Le gouvernement n'exclut pas de recourir à des nationalisations " si nécessaire ". Et l'annonce vient malheureusement (et enfin) d'être officialisée: la France et les Français seront en confinement total à partir de mardi 12h et pour une durée de 2 semaines minimum.

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