Controverse autour de la notion d'"immunité collective" au Royaume-Uni — Coronavirus

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avant une conférence de presse le 12 mars 2020 à Londres

Le Premier ministre britannique Boris Johnson avant une conférence de presse le 12 mars 2020 à Londres

Il a également annoncé des aides aux entreprises sous forme de baisses d'impôts et de subventions pour 20 milliards de livres (22 milliards d'euros).

Le Royaume-Uni doit désormais faire face aux conséquences de ces mesures sans précédent en temps de paix sur une économie qui traverse une période délicate avec le Brexit. C'est face à ce scénario catastrophique établi par des scientifiques qu'au Royaume-Uni, le gouvernement a changé de stratégie et considérablement renforcé ses mesures face au nouveau coronavirus.

Il présentera aussi cette semaine au Parlement une législation d'urgence qui lui permettra, si nécessaire et pour une période limitée à deux ans, de faire appel à des personnels de santé retraités, de contraindre des personnes à s'isoler, ou encore de fermer temporairement les ports et aéroports en cas de personnels de sécurité insuffisants.

Alors que les Britanniques étaient jusque-là exemptés de mesures spécifiques, le Premier ministre Boris Johnson a demandé lundi soir à la population d'éviter tout contact et tout déplacement " non essentiel ".

Toujours selon la presse britannique, outre la fermeture des pubs et des restaurants, ou encore des écoles, mesures déjà mise en place dans plusieurs pays en Europe, le gouvernement anglais envisage des réquisitions de cliniques et même d'hôtels pour soigner les patients. Cela va être un élément important de contrôle à long terme", a déclaré le chef du gouvernement. le conseiller scientifique, Patrick Vallance, qui a ajouté: " 60% de la population infectée est le genre de chiffre dont vous avez besoin pour obtenir l'immunité collective.

Elles constituent cependant un net renforcement par rapport à la stratégie controversée adoptée jusqu'alors, qui consistait essentiellement à isoler les personnes présentant des symptômes ou revenant de zones à risque pour alléger la pression sur les services de santé et favoriser l'émergence d'une "immunité collective".

Avec le type de réponse qui constituait jusqu'à lundi la ligne de conduite du gouvernement, les chercheurs estiment que le pays risquait jusqu'à 260.000 décès, en raison d'une "submersion" de son système de santé.

Avec des mesures plus fortes, le nombre des décès pourrait en revanche diminuer à "quelques milliers ou dizaines de milliers".

"Si l'on peut limiter le nombre (des morts) à 20.000 ou moins, cela sera un bon résultat", bien que "cela reste terrible", a jugé M. Vallance.

Selon l'Imperial College, la principale difficulté de la nouvelle stratégie résidera dans le fait d'être maintenue "jusqu'à ce qu'un vaccin soit disponible", ce qui pourrait prendre "potentiellement 18 mois, ou plus".

Dans la foulée mardi matin, le Royaume-Uni a déconseillé à ses ressortissants tout voyage à l'étranger "non essentiel", dans un premier temps pour 30 jours. Les hôpitaux vont aussi annuler l'ensemble des opérations non urgentes à partir du 15 avril et pour au moins trois mois afin de libérer le maximum de lits.

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