La chloroquine, efficace contre le coronavirus ? Quand serons-nous vraiment fixés ?

Traitement contre le coronavirus la chloroquine testée à grande échelle

La Tunisie teste la chloroquine contre le coronavirus

Contestée pour le manque de recul sur ses résultats, la chloroquine va finalement rejoindre la liste des traitements contre le Covid-19, testés dans un essai clinique, nommé Discovery. Il en veut pour preuve les essais concluants qu'il a menés sur plusieurs malades.

Dans un communiqué en date du dimanche 22 mars, six professeurs de médecine, infectiologues de l'Institut Hospitalo-universitaire (IHU) Méditerranée Infection de Marseille, dirigé par le professeur Didier Raoult, indiquent vouloir faire "bénéficier à nos patients de la meilleure prise en charge pour le diagnostic et le traitement d'une maladie".

Le spécialiste des maladies infectieuses Didier Raoult est l'un des grands promoteurs de la chloroquine, un anti-paludique. Jusque-là, le tableau est évidemment positif, mais alors pourquoi la chloroquine fait-elle malgré tout débat? Le traitement à la chloroquine, " nous n'hésitons pas à le mettre en place mais nous suivons un protocole scientifique ", a insisté dimanche sur LCI la porte-parole du gouvernement Sibeth Ndiaye, en soulignant que des expérimentations se poursuivaient " à Lille et à Paris ".

De son côté, Frédéric Adnet, chef des urgences de l'hôpital Avicenne de Bobigny et directeur médical Samu 93 préfère ne pas prendre de risque et estime que cet "essai clinique dont on parle suscite effectivement un espoir, mais qui n'est pas très concluant puisque le bénéfice n'a pas été réellement quantifié". Il a, en effet annoncé fin février la " fin de partie " contre le nouveau coronavirus, en mettant en avant le traitement à la chloroquine. "Mais je ne sais pas quand est-ce qu'ils seront disponibles", regrette-t-il. Selon lui, les tests doivent combiner la chloroquine "à un antibiotique que l'on appelle l'azithromycine". "Ils sont extrêmement préliminaires et ne répondent pas aux critères classiques de l'évaluation d'un médicament", avait indiquait le professeur Jean-François Delfraissy, président du Conseil scientifique, le 18 mars dernier, précisant qu'une étude des effets de la chloroquine serait ajoutée aux études en cours, sous l'égide de l'OMS.

Si en France cette étude part de Marseille, des études ont déjà été menées en Chine, comme évoqué plus haut, mais aussi en Iran, en Corée du Sud ou en Arabie Saoudite. Des "petits marquis parisiens", expression qu'il utilise pour qualifier ceux qui depuis la capitale, critiquent ses méthodes, au "soufflet anxiogène" qu'il considère être la crise du Covid-19, dont il est un des très rares médecins à sous-estimer la gravité, Didier Raoult a le sens de la formule.

Dernières nouvelles