Une vaste étude pour "clore le débat" sur la chloroquine

L’étude angevine menée avec 32 autres centres hospitaliers en France permettra de clore une fois pour toute le débat sur l’efficacité de l’hydroxychloroquine dans le Covid

Une vaste étude pour "clore le débat" sur la chloroquine

"C'est la question à laquelle se propose de répondre, " avec certitude et neutralité ", l'étude Hycovid lancée ce mercredi par le CHU d'Angers " en collaboration avec 36 autres hôpitaux français.

"On a une position de neutralité vis-à-vis de cette molécule. Néanmoins, nous sommes conscients des limites des résultats des études publiées par l'équipe du Pr Raoult", a déclaré le professeur Dubée lors d'un point presse.

"La recherche angevine, baptisée Hycovid et menée avec 32 autres centres hospitaliers en France, "permettra de répondre de manière définitive à ces questions et de clore une fois pour toutes le débat sur l'efficacité de l'hydroxychloroquine", (dérivé de la chloroquine, un médicament contre le paludisme) dans le covid", a assuré le Pr Dubée.

Le Pr Didier Raoult a publié ces dernières semaines deux études sur un dérivé de la chloroquine, qui confirment selon lui "l'efficacité" de ce traitement contre le coronavirus, mais cette affirmation est contestée par de nombreux scientifiques, qui critiquent notamment la méthodologie employée.

Les établissements hospitaliers qui participent à cette étude sont: le CHU d'Angers, CH de Versailles, CHU d'Amiens, AP-HP, Centre Hospitalier de Melun, CHU de Limoges, CH de Saint-Brieuc, CH de Vendée, CH de Cholet, CH de Colmar, CH de Cherbourg, CH de Lorient, CH de Quimper, CHU de Rennes, CHU de Toulouse, CHU de Dijon, CH de la Roche sur Yon, CHU de Tours, CH du Mans, CHR d'Orléans, CHU de Nantes, CH d'Agen, CHU de Caen, CHU de Poitiers, CHU de Brest, CH de Niort, CH de Saint-Nazaire, CH de Laval, CH de Tourcoing, CH de Monaco, CH Confluent, CHU de Saint-Etienne. Grâce à cette mobilisation "cette étude sera menée en seulement quelques semaines ", a annoncé Vincent Dubée.

"La mise en place d'une telle étude met généralement entre six mois et un an. Si l'effet est moins important, ça prendra un peu plus de temps", a décrit le Pr Alain Mercat, président de la commission médicale d'établissement du CHU d'Angers.

"On part du principe qu'un placebo ou que l'hydroxychloroquine, c'est la même chose". Aujourd'hui, aucun élément ne prouve que l'hydroxychloroquine permet de diminuer la mortalité ou la fréquence de la nécessité de recourir à ventilation artificielle.

Cette étude va inclure 1 300 patients volontaires atteints d'une forme non grave de la maladie mais à risque élevé d'évolution défavorable.

"Ils recevront soit de l'hydroxychloroquine, soit un placebo, sans connaitre la nature du comprimé testé". "Tout sera transparent, ni le médecin, ni le patient ne saura qui dispose du placébo, et l'emballage sera neutre " prévient Vincent Dubée, infectiologue au CHU d'Angers. Mais ça ne sera pas une tendance. Ils seront soumis à une surveillance médicale "pas trop lourde ni contraignante permettant de desceller rapidement d'éventuels effets secondaires ".

L'Union européenne a lancé il y a une dizaine de jours un grand essai clinique baptisé "Discovery ". Il a pour principal objectif de comparer la prise en charge "classique " des patients souffrant du Covid-19 à quatre autres approches thérapeutiques pour en déterminer la plus efficace.

Le CHU d'Angers va donc tester en double aveugle les effets de la chloroquine.

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