Compte à rebours pour former un gouvernement Netanyahu-Gantz — Israël

Israël s'enlise dans la crise politique

Le président israélien charge la Knesset de former un gouvernement

Après 16 mois de gouvernement de transition, avec des rebondissements les plus improbables et parfois les plus désespérants pour certains Israéliens, MM.

Les pourparlers entre le Likoud du Premier ministre Benjamin Netanyahu et l'ancien chef d'état-major de l'armée israélienne Benny Gantz, Blue and White, se poursuivront, ont indiqué les parties dans un communiqué conjoint vendredi matin, a rapporté Ynet.

Avec l'assentiment d'une majorité de parlementaires après les législatives du 2 mars, le président Reuven Rivlin avait accordé à Benny Gantz le mandat de former le prochain gouvernement.

Lundi 13 avril 2020 au soir, Benny Gantz a, de nouveau, appelé à la formation d'un "gouvernement d'unité d'urgence" face à la crise du Covid-19 (11 000 cas confirmés et 116 morts dans le pays au dernier bilan).

D'un coup de baguette magique, et à la demande des deux chefs de partis, le président Reuven Rivlin leur a alors octroyé in extremis une prolongation de 48 heures supplémentaires, jusqu'à mercredi soir minuit (21H00 GMT), pour s'entendre enfin sur un gouvernement. En théorie, il ne restait que quelques heures pour sceller un pacte. Si aucun accord n'intervient, le président devrait demander aux députés de lui recommander un élu.

Après avoir été initialement désigné pour former le gouvernement, Benny Gantz avait, pour tenter de faire bouger les lignes, mis de l'eau dans son vin en renonçant, à court terme du moins, à son projet de devenir Premier ministre en consentant à participer à un gouvernement dirigé par Benjamin Netanyahu. Or, avec un premier ministre en passe d'être jugé pour corruption et malversation dans une série d'affaires, les troupes de Benny Gantz veulent un " contrôle total " sur les nominations judiciaires, souligne Jonathan Rynhold, professeur au Département de sciences politiques à l'université Bar-Ilan.

Ce pas de Gantz vers Netanyahu a toutefois favorisé l'implosion de sa propre formation politique, Bleu-Blanc, dont des ténors sont restés abasourdis par la décision de l'ex-général de rendre, selon eux, les armes pour pactiser avec leurs ennemis politiques. Des désaccords ont également persisté sur le poste de ministre de la Défense et sur le projet d'annexion de la Vallée du Jourdain en Cisjordanie occupée.

Nombre d'analystes s'interrogent sur les réelles intentions de M. Nétanyahou de partager le pouvoir avec M. Gantz. "Les Israéliens attendent de nous que nous mettions de côté nos différences et que nous travaillions ensemble pour eux (.) L'Histoire ne nous pardonnera pas si nous n'y arrivons pas", avait déclaré plus tôt lundi soir M. Gantz lors d'une allocution télévisée.

Surfant de surcroît sur des sondages d'opinion très favorables qui plébiscitent sa gestion de la pandémie - Israël ayant été nommé le pays le plus sûr, devant l'Allemagne, selon une étude du consortium DKV -, le Premier ministre pourrait jouer l'attentisme afin de provoquer une quatrième élection et rester d'ici là aux commandes du pouvoir.

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