La SNCF a déjà perdu 3 milliards d'euros en quelques mois

"Il n'est pas anormal qu'on réfléchisse à un plan d'aide de la SNCF dit son PDG

Confinement oblige, la SNCF doit se contenter d'un service minimum et n'engrange quasiment plus de recettes.

Et ce moins de trois mois après la grève contre la réforme des retraites qui avait déjà amputé son chiffre d'affaires de près d'un milliard d'euros en décembre-janvier. Le patron du groupe public parle de "chocs importants, d'une ampleur qu'on avait jamais connue".

"Il n'est pas anormal qu'on réfléchisse à un plan d'aide de la SNCF", a-t-il souligné, en dressant un parallèle avec les soutiens apportés à Air France et Renault.

D'autant que la SNCF a été un bon élève en matière de solidarité, a fait valoir M. Farandou, avec ses TGV médicalisés (à ses frais), ses transports de fret pour acheminer produits pharmaceutiques et céréales. Il a ajouté sur France Inter que la SNCF allait devoir réduire ses investissements et serrer ses coûts de fonctionnement, indiquant notamment que la question de l'emploi n'était pas taboue. La crise sanitaire a déjà coûté 2 milliards d'euros à l'entreprise publique ferroviaire, selon le PDG de la SNCF, qui a aussi expliqué que des suppressions de postes pourraient être envisagées. "La notion d'un plan d'aides à la SNCF ne me paraît pas déraisonnable", a-t-il dit, tout en prévenant que "la thématique [de l'emploi] est sur la table": "Si la reprise est lente et si nous produisons moins de trains que par le passé, il ne sera pas anormal et illogique d'ajuster le niveau d'emploi au volume d'activité". La SNCF pourrait jouer sur le nombre de recrutements: l'entreprise, qui est un des premiers recruteurs de France, embauche chaque année 5.000 personnes.

Les propos du PDG de la SNCF ont fait vivement réagir les syndicats.

Le PDG de la SNCF a donc réitéré son appel à prolonger au maximum le télétravail et à étaler les heures d'arrivées dans les entreprises pour éviter la saturation. "En aucun cas, ce n'est aux salariés de payer la facture", a-t-il ajouté.

Tout en restant vague jusqu'à présent, le gouvernement semblait disposé à soutenir le groupe.

Comme les autres opérateurs de transports publics, l'entreprise ferroviaire est aussi confrontée au défi extraordinairement complexe du déconfinement: appliquer de strictes règles de distanciation après le 11 mai, ce qui réduira drastiquement ses capacités de prise en charge des voyageurs au moment où la fréquentation devrait reprendre.

"La SNCF avec les 100 000 cheminots qui seront à leur poste de travail le 11 mai seront prêts à faire circuler 50 à 60 % des trains de la vie quotidien", a-t-il dit, évoquant les Transilien et les TER - "les trains que prennent les Français pour aller travailler" et que la SNCF espère faire monter à 100 % début juin.

En revanche, dans la lignée des consignes gouvernementales limitant les déplacements à plus de 100 km de son domicile, "peu de TGV" circuleront, avec une place sur deux occupée, notamment "pour assurer la reprise de la mobilité professionnelle entre la province et Paris".

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