L'Union européenne devrait connaître une récession "historique" de 7,4% — Coronavirus

Passants en masques devant la Banque centrale européenne Francfort, avril 2020

L’UE connaît la plus profonde récession économique de son histoire AFP 2020 Yann Schreiber

De la crise sanitaire à la crise économique.

La Commission européenne a prédit mercredi un ralentissement économique majeur cette année parmi les Etats membres, dévastés par les répercussions économiques de la pandémie de coronavirus, qui nécessitent un plan de relance sans précédent. Il devrait cependant atteindre 10,1 % en 2020 et 9,7 % en 2021. Le PIB de l'UE, soit sa production de richesse annuelle, devrait se contracter cette année de 7,4 % cette année et celui de la zone euro de 7,75 %. Face à ce constat, lui comme son collègue italien Poalo Gentiloni, commissaire à l'Économie, n'ont eu qu'un mot à la bouche: "la coordination ", afin de provoquer le rebond du Vieux Continent.

"La profondeur de la récession et la force de la reprise sera différente selon les pays, conditionnée à la vitesse avec laquelle ils pourront lever les mesures de confinement, l'importance dans chaque économie des services, comme le tourisme, et les ressources financières de chacun des États", a-t-il ajouté.

Valdis Dombrovskis, l'un des trois vice-présidents de la Commission européenne, s'est montré très prudent sur les anticipations: "à l'heure actuelle, nous ne pouvons qu'établir provisoirement l'ampleur et la gravité du choc du coronavirus sur nos économies".

L'Allemagne s'en tirerait mieux que la moyenne (-6,5%), la France moins bien (-8,2%), alors que les grands pays du sud de la zone euro, Italie, Espagne, Grèce, afficheraient une récession supérieure à -9%.

En France, le PIB devrait chuter de 8,2 % en 2020 puis remonter de 7,4 % en 2021. Première économie de la zone euro, l'Allemagne, très dépendante de ses exportations, devrait voir son PIB reculer de 6,5% en 2020, selon les prévisions de la Commission européenne. - La dette publique explose - Conséquence de cette récession historique, les déficits publics devraient se creuser dans tous les pays et les dettes publiques très fortement augmenter en 2020, avant de voir la situation s'améliorer en 2021. Ainsi l'Italie, pays le plus endeuillé par la pandémie de coronavirus de la zone euro et dont la situation économique inquiète ses partenaires européens, devrait voir sa dette publique exploser à 158,9% du PIB en 2020, après 134,8% en 2019. Parmi les 19 pays ayant adopté la monnaie unique, seule la Grèce fait pire avec une dette publique à 196,4% du PIB en 2020.

"De telles divergences constituent une menace pour le marché unique et la zone euro", a déclaré Paolo Gentiloni, commissaire européen à l'Économie, cité dans un communiqué.

"A politiques inchangées et en supposant que les mesures adoptées pour lutter contre la pandémie ne s'appliqueront qu'en 2020", ce déficit pourrait s'afficher à 4,0% du PIB en 2021, selon Bruxelles. Ainsi, le déficit public allemand atteindra 7% du PIB cette année, après un surplus de 1,4% en 2019.

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