"Trump veut que l'annexion se concrétise" selon l'ex-ambassadeur américain en Israël

Mike Pompeo a notamment accusé l'Iran de fomenter la terreur à travers le monde

Mike Pompeo a notamment accusé l'Iran de fomenter la terreur à travers le monde

Le secrétaire d'Etat américain, Mike Pompeo, a effectué une visite-éclair mercredi à Jérusalem pour discuter de ce dossier avec MM.

Ashekenazi n'a pas attendu son entrée officielle en fonction pour s'entretenir mercredi avec son futur homologue, le secrétaire d'Etat américain Mike Pompeo -de passage à Jérusalem- pour évoquer avec lui l'Iran, bête noire d'Israël et des Etats-Unis.

Si peu d'éléments ont filtré de ces discussions, les 'lignes directrices' du gouvernement d'union ne mentionnent pas explicitement 'l'annexion' mais font plutôt référence au besoin de 'renforcer la sécurité nationale' et d'oeuvrer à la 'paix'.

Ces trois dernières semaines, au moins six frappes ont été attribuées à Israël contre des cibles pro-iraniennes dans la Syrie voisine en guerre.

Après 500 jours de rebondissements et trois élections en Israël, la prestation du gouvernement d'union de Benyamin Nétanyahou et de son ex-rival Benny Gantz a été repoussée à dimanche sur fond de tractations sur l'attribution des postes ministériels. Nétanyahou, Gantz et le futur chef de la diplomatie israélienne Gabi Ashkenazi du projet américain de résolution du conflit israélo-palestinien annoncé par le président Donald Trump.

Ce projet prévoit l'annexion par Israël des plus de 130 colonies juives en Cisjordanie occupée et de la vallée du Jourdain, langue de terre s'étirant entre le lac de Tibériade et la mer Morte, et qui deviendrait la nouvelle frontière orientale d'Israël avec la Jordanie.

Avant la visite de Mike Pompeo en Israël, un haut responsable du State Department a lancé un avertissement à l'Autorité Palestinienne: " Si vous ne venez pas vous asseoir à la table des négociations, il y aura des conséquences négatives et il sera plus facile pour nous d'accepter les décisions israéliennes concernant la souveraineté ".

Mardi, il avait déclaré au quotidien Israel Hayom que "la décision (sur l'annexion, NDLR) sera prise par Israël". Le plan prévoit aussi la création d'un Etat palestinien sur un territoire réduit.

"Téhéran " n'a pas arrêté une seule minute ses plans et ses actions violentes contre les Américains, les Israéliens et tous les autres dans la région ", a affirmé M. Netanyahu, disant vouloir " combattre " les " agressions de l'Iran en Syrie " et ailleurs. La question de l'avenir de ce plan rejeté à l'unisson par les Palestiniens est toutefois posée.

Un adolescent palestinien a été tué mercredi par un tir israélien lors de heurts dans le sud de la Cisjordanie. "Les États-Unis sont parties prenantes de ce plan", a riposté le négociateur en chef des Palestiniens, Saëb Erakat, soutenant auprès de l'AFP que Washington ne les avait pas contactés pour préparer cette visite.

" Des dirigeants internationaux nous ont clairement signifié que l'annexion représentait une menace non seulement pour la paix au Moyen-Orient mais pour l'ensemble du système international", a-t-il ajouté.

Au cours de la dernière décennie, sous l'égide de Benjamin Netanyahu, la population dans les colonies israéliennes en Cisjordanie a bondi de 50% pour dépasser les 450 000 personnes, vivant souvent sous tensions avec plus de 2,7 millions de Palestiniens. Ils ont également discuté de la mise en place du projet du président américain Donald Trump pour le Proche-Orient qui prévoit notamment l'annexion de pans de la Cisjordanie par Israël. Lorsque Mike Pompeo assure que toute décision serait uniquement israélienne, ses commentaires sont "fallacieux" car "l'administration Trump veut vraiment que l'annexion se concrétise", insiste Daniel Shapiro, ex-ambassadeur américain en Israël sous Barack Obama. L'administration Trump "cherche à obtenir un accomplissement (.) à présenter à la base évangélique de M. Trump et aux électeurs juifs de droite".

En Israël, les sondages suggèrent un soutien élevé à l'annexion chez les électeurs de droite, mais pas chez ceux du centre et de la gauche, des tendances représentées dans le gouvernement d'union, notamment par Benny Gantz qui a émis des doutes sur une annexion rapide.

Des analystes israéliens s'attendent donc à des mesures limitées du prochain gouvernement, comme le rattachement à Israël de colonies près de Jérusalem.

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