Trump se venge d’un fonctionnaire qui voulait enquêter sur lui — Mike Pompeo

L'ex inspecteur général du Département d'Etat américain Steve Linick à Washington le 2 octobre 2019

L'ex inspecteur général du Département d'Etat américain Steve Linick à Washington le 2 octobre

Steve Linick a été remercié par Trump alors qu'il enquêtait sur Mike Pompeo, un des plus proches collaborateurs du 45è président des Etats Unis.

Pompeo a confirmé ce lundi qu'il avait demandé à Trump de licencier Linick parce que son travail sapait la mission du département, mais n'a pas donné de détails.

Or le puissant chef de la diplomatie américaine faisait justement l'objet d'une enquête interne car il est soupçonné d'avoir demandé à un agent du département d'État de promener son chien, entre autres requêtes personnelles.

Donald Trump a toute "autorité" pour démettre des fonctionnaires déloyaux, a plaidé dimanche son entourage, alors que le limogeage d'un inspecteur général du Département d'Etat continue de faire des vagues. Pour lui, ce licenciement est un acte de représailles potentiellement illégal.

De son côté, la présidente de la Chambre des représentants, Nancy Pelosi, a affirmé que Steve Linick avait été "puni pour avoir honorablement rempli son devoir de protection de la Constitution et de notre sécurité nationale".

Mike Pompeo avec le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane en février à Ryad.

Barack Obama critique son successeur sans le nommer.

Mais d'autres révélations sont venues s'ajouter à l'affaire.

Selon Eliot Engel, président démocrate de la commission des Affaires étrangères de la Chambre des représentants, "le bureau de l'inspecteur général a ouvert une enquête sur le secrétaire Pompeo".

L'épisode remonte à mai 2019. "Nous n'avons pas encore le tableau complet, mais il est troublant de savoir que le secrétaire d'Etat Pompeo voulait se débarrasser de Linick", a-t-il insisté. Il est encore tôt pour l'affirmer.

Lui qui affiche un patrimoine relativement modeste par rapport aux nombreux millionnaires que compte le gouvernement Trump se montre intarissable sur ses racines du Kansas, l'Etat rural du Midwest dont il a été l'élu.

Surtout, Mike Pompeo n'a pas hésité à sabrer des centaines de millions d'aide américaine destinés aux Palestiniens, à l'Organisation mondiale de la santé ou encore à l'Afghanistan, en invoquant la nécessité de "bien dépenser" l'argent du contribuable.

Mais cette polémique n'avait pas prospéré.

Ce dernier était déjà sorti affaibli de l'affaire ukrainienne qui avait valu une mise en accusation au président des États-Unis, finalement acquitté par le Sénat lors de son procès en destitution en début d'année.

S'il a conservé la confiance du milliardaire républicain, ce ténor du gouvernement a perdu celle de bon nombre des fonctionnaires de son ministère, choqués qu'il n'ait pas défendu les diplomates traînés dans la boue par les cercles trumpistes - voire par le locataire de la Maison Blanche.

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