Quatre usines Renault, dont celle de Dieppe, menacées de fermeture

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Renault envisage de fermer trois sites en France Les Echos | Crédits

Le constructeur français Renault envisage d'arrêter définitivement la production automobile à l'usine de Flins (Yvelines) qui assemble la citadine électrique Zoe et la Nissan Micra, selon une source proche du dossier, confirmant partiellement une information du Canard Enchaîné.

Et de poursuivre: " L'innovation tient une place essentielle dans le fonctionnement de l'usine: l'année dernière, elle s'est dotée d'un "évapoconcentrateur " qui permet de recycler l'eau industrielle, préservant ainsi la Seine". Basée dans les Yvelines, l'usine de Flins emploie aujourd'hui 2600 personnes et constitue aujourd'hui l'un des plus gros sites industriels du constructeur en France.

En réaction à ces révélations, Philippe Martinez, le secrétaire général de la CGT, a jugé ce 20 mai "impensable" que la direction de Renault veuille fermer quatre sites en France, alors que le gouvernement "veut réindustrialiser le pays". Les usines de Flins, Choisy-le-Roi et les Fonderies de Bretagne sont également menacées.

Le groupe au losange doit dévoiler le 29 mai les contours d'un vaste plan d'économie de 2 milliards d'euros (3 milliards de dollars canadiens) annoncé en février, selon des sources proches. Une activité qui devrait drastiquement diminuer cette année en raison de la crise sanitaire, d'autant plus qu'elle avait déjà largement diminué en début d'année au rythme de sept véhicules par jour.

En difficulté avant même la crise du coronavirus qui a provoqué un effondrement du marché automobile, Renault avait enregistré l'an dernier ses premières pertes en dix ans. Elle est due à des années de gouvernance de Carlos Ghosn [l'ancien PDG], qui a été érigé comme un dieu pendant des années et on voit les conséquences de sa stratégie. "C'est cette stratégie qu'il faut changer", a-t-il encore déploré.

Interrogée par l'AFP, la direction de Renault n'a pas souhaité faire de commentaire.

Des décisions qui interviendraient alors que Renault doit bénéficier d'un prêt garanti par l'Etat de cinq milliards d'euros.

"Donc je ne commenterai pas tant que le comité social et économique ou le conseil d'administration ne se sera pas réuni", a-elle conclu. Mais cette aide n'impliquerait pas de renoncer à des suppressions d'emplois.

Mais dès le mois de février, la direction avait évoqué la possibilité de fermer des sites en France et à l'étranger lors de la présentation des résultats annuels en lâchant: "Nous n'avons aucun tabou et nous n'excluons rien". " avait déclaré Clotilde Delbos, la directrice générale par intérim".

" Il y a des discussions. Rien n'est figé", a cependant souligné une source proche du dossier, sous couvert d'anonymat. Le constructeur a vu début avril sa notation financière abaissée au rang d'investissement spéculatif par Standard & Poor's.

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