"La Chine proclame une " réussite stratégique majeure

FRANCE-PRESSE

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Mais avant toute chose, le Premier ministre chinois a célébré la "réussite stratégique majeure" du pays dans sa gestion de la crise sanitaire.

"C'est l'incompétence de la Chine, et rien d'autre, qui a provoqué cette tuerie de masse mondiale", a tonné mercredi le président américain Donald Trump.

"Nous, fils et filles de la nation chinoise, sommes restés unis pendant une période infiniment difficile et avons élevé une Grande muraille de solidarité", s'est félicité le Premier ministre Li Keqiang devant les 3 000 députés réunis, visage masqué [pour raisons sanitaires], au Palais du peuple à Pékin. La consommation intérieure, les investissements et les exportations diminuent tandis que la pression sur l'emploi et les risques financiers augmentent, a-t-il averti.

Signe de l'incertitude à laquelle le pays est confronté, M. Li s'est abstenu de fixer un objectif de croissance pour l'année en cours - encore une première dans l'histoire récente.

L'Union européenne a exhorté vendredi la Chine à "respecter l'autonomie de Hong Kong" dans une déclaration adoptée par ses 27 États membres après l'annonce par Pékin d'un projet de loi pour sauvegarder la sécurité nationale à Hong Kong. "Notre pays sera confronté à certains facteurs qui sont difficiles à prévoir", s'est-il justifié.

En réaction au marasme généralisé, le pays va laisser filer son déficit cette année à 3,6% du PIB (contre 2,8% l'an dernier). Le Premier ministre a également annoncé l'émission d'un emprunt d'État pour un montant de 1 000 milliards de yuans, auquel s'ajoute un vaste plan d'investissement de 3 750 milliards de yuans (481 milliards d'euros). Enfin, le budget militaire augmentera de 6,6 % en 2020, un taux de croissance moins élevé qu'en 2019 (+7,5 %).

L'opposition démocratique hongkongaise a vivement réagi ainsi que les États-Unis, qui ont mis en garde Pékin contre une loi "très déstabilisatrice".

Les opposants y voient l'attaque la plus grave contre les libertés de Hong Kong depuis la rétrocession de la ville à la Chine en 1997 et une violation du principe "Un pays - deux systèmes" qui doit présider aux relations entre Pékin et sa région autonome spéciale.

La dernière tentative de mise en oeuvre de l'article 23, en 2003, avait échoué face à des manifestations monstres dans les rues hongkongaises.

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