Olivier Véran saisit le Haut conseil de la santé publique — Hydroxychloroquine

L'hydroxychloroquine est actuellement testée dans plusieurs essais cliniques dont l'essai européen Discovery

L'hydroxychloroquine est actuellement testée dans plusieurs essais cliniques dont l'essai européen Discovery.- AFP

Les scientifiques ont déclaré que les résultats signifiaient que le médicament ne devrait plus être administré aux patients de Covid-19, sauf dans des conditions de recherche appropriées.

"Suite à la publication dans The Lancet d'une étude alertant sur l'inefficacité et les risques de certains traitements du Covid-19 dont l'hydroxychloroquine, j'ai saisi le HCSP pour qu'il l'analyse et me propose sous 48h une révision des règles dérogatoires de prescription", a indiqué le ministre dans un tweet.

Cette analyse porte sur environ 96.000 patients hospitalisés. Ils étaient ensuite comparés au groupe témoin n'ayant pas reçu ces traitements.

Résultat, les quatre traitements ont tous été associés à un risque de mortalité bien plus élevé qu'au sein du groupe témoin (qui était de 9,3 %): 16,4 % de décès pour la chloroquine seule, 22,2 % quand elle était combinée à l'antibiotique; 18 % pour l'hydroxychloroquine seule, et 23,8 % quand elle était associée au même antibiotique. Les chercheurs recommandent de ne pas prescrire ces molécules en dehors des essais cliniques.

Une étude majeure sur la façon dont l'hydroxychloroquine et sa version plus ancienne, la chloroquine, ont été utilisées sur six continents - sans essais cliniques - révèle un tableau qui donne à réfléchir. Dans la combinaison hydroxychloroquine/macrolide (antibiotique), 8% des malades ont développé une arythmie cardiaque, contre 0,3% dans le groupe témoin.

Le ministre français de la Santé Olivier Véran a demandé samedi une "révision des régles dérogatoires de prescription" de divers traitements comme l'hydroxychloroquine, après la parution d'une étude pointant son inefficacité et ses risques pour les malades du Covid-19.

En dehors des essais cliniques, l'usage de l'hydroxychloroquine (HCQ) à l'hôpital est déjà très restreint en France et ne s'applique que pour les cas graves sur décision collégiale des médecins.

Les avertissements et études décevantes s'accumulent. Les études s'accumulent sans apporter la preuve de l'efficacité de cet antipaludéen, en prévention comme en traitement.

L'étude, publiée dans le journal médical Lancet, n'a montré aucun avantage pour les patients atteints de coronavirus prenant les médicaments. En effet, ses défenseurs le martèlent: l'infectiologue prône l'utilisation de l'hydroxychloroquine en association avec l'azithromycine dès l'apparition des premiers symptômes, et pas seulement pour les formes graves.

Cette étude a été menée sur 15 000 patients.

Enfin, une étude doit être publiée dans une revue scientifique après relecture critique et validation par d'autres scientifiques, indépendants de ceux qui ont mené les tests. L'hydroxychloroquine est actuellement testée dans plusieurs essais cliniques, dont l'essai européen Discovery.

Des pays misent sur l'hydroxychloroquine.

Ces molécules, connues et peu onéreuses, ont suscité beaucoup d'espoir, notamment en Afrique.

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