Netanyahu devant la justice, son procès ajourné — Israël

Les juges chargés du procès de Netanyahou bénéficieront d'une sécurité renforcée

«Corruption, fraude et abus de confiance» : Benjamin Netanyahou devant la justice israélienne

Il est aussi accusé d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable par le plus grand quotidien payant d'Israël, le Yediot Aharonot. Celui qui détient le record de longévité à la tête d'un gouvernement en Israël, plus de quatorze ans, comparaît dimanche devant le tribunal de Jérusalem pour fraude, corruption et abus de confiance dans trois affaires distinctes, dont l'une impliquant un groupe israélien de télécoms, est particulièrement sensible pour le dirigeant de 70 ans.

La justice le soupçonne enfin d'avoir accordé des faveurs gouvernementales qui pourraient avoir rapporté des millions de dollars au patron de la société israélienne de télécommunications Bezeq en échange d'une couverture favorable d'un des médias du groupe, l'influent site Walla. Ehud Olmert, ancienne étoile du Likoud, avait été inculpé pour corruption mais après avoir démissionné de son mandat de Premier ministre.

Sa dernière victoire a mis fin à plus d'un an d'impasse politique dans le sillage de trois élections aux résultats indécis.

Le procès pour corruption du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu s'ouvre dimanche dans un tribunal de Jérusalem, une première dans le pays pour un Premier ministre en exercice qui s'estime de son côté victime d'une chasse aux sorcières.

Après des mois de suspense, le procureur général Avichaï Mandelblit avait inculpé M. Netanyahu en novembre 2019, un "arrêt de mort politique" espéré alors par ses détracteurs.

Comme si de rien n'était, Benyamin Netanyahu s'est présenté ce dimanche 24 mai, au traditionnel Conseil des ministres, le premier depuis sa coalition avec Benny Gantz. Un procès qu'il a voulu éviter Benjamin Netanyahu a cherché à éviter ce rendez-vous, déjà repoussé en raison du Covid-19.

Au cours de cette audience, les avocats du Premier ministre ont demandé plusieurs mois pour étudier les éléments de preuve retenus contre lui.

Mais le tribunal a confirmé ces derniers jours que le Premier ministre devait être présent à l'audience, même si celle-ci reste technique, avec au programme la lecture des actes d'accusation.

En tant que Premier ministre, il n'est pas tenu légalement de démissionner et a prévenu que la bataille judiciaire qui commence n'affectera pas sa capacité à faire son travail.

Pour Yuval Shany, professeur de droit à l'université hébraïque de Jérusalem, Benjamin Netanyahu se retrouvera en "conflit d'intérêt" car il est à la fois "chef du gouvernement et donc responsable d'un nombre important de décisions" et "accusé en lutte contre les institutions gouvernementales qui le poursuivent". A l'issue du premier jour de son procès, les trois juges du tribunal de Jérusalem choisis par la Cour suprême pour cette affaire pourront lui demander d'assister à différentes audiences.

"J'ai demandé à ce que tout soit diffusé en direct afin que le public puisse tout entendre (directement) et non via le filtre des journalistes (à la solde) du procureur général", a-t-il ajouté accusant ainsi une partie de la presse israélienne de partialité dans cette affaire.

Le principal intéressé plaide son innocence, dénonce un complot ourdi par la justice contre lui, mais pourrait aussi, à tout moment d'ici le verdict, "négocier une peine " avec le procureur comme l'y autorise le droit israélien.

"En 244 ans de démocratie (depuis la révolution américaine, ndlr) il n'y a jamais eu personne inculpé pour avoir reçu une couverture favorable d'un média".

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