Hôpital. Un lancement chaotique du Ségur de la santé

Plusieurs rassemblements de soignants ont eu lieu mardi un peu partout en France afin de réclamer des
mesures concrètes pour les hôpitaux les syndicats disant attendre
autre chose que des discours et des promesses au deuxième jour du
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Ségur de la santé : trois chantiers évoqués par Edouard Philippe pour transformer le système de soins

Le Premier ministre a promis lundi que "le quotidien des personnels soignants" à l'hôpital changerait "dans les tous prochains mois". "Parfois, on se sent un peu seuls", déplore celui qui est également chroniqueur dans l'émission Sans Rendez-vous sur Europe 1, tous les jours entre 15h et 16h.

"Édouard Philippe a fixé cinq axes pour la concertation, qui se déroule sous l'égide de Nicole Notat, ex-dirigeante de la CFDT: " Reconnaissance pour nos soignants ", " Investissement massif ", " Agilité retrouvée", " Organisation territoriale " et " Modernisation par le numérique ".

Applaudis aux balcons depuis dix semaines, les blouses blanches réclament la monnaie de leur pièce: "revalorisation significative des bas salaires" et "moratoire immédiat sur les fermetures de lits", a indiqué le collectif Inter-Hôpitaux. "Il faut aller plus loin", a estimé le chef du gouvernement.

Et de poursuivre: "La crise exige de nous non pas nécessairement de changer de cap mais très nécessairement de changer de rythme (.) La crise sanitaire est un révélateur et un accélérateur, il vous appartiendra d'en détailler les enseignements (.) Il y a eu de grandes difficultés, il est de notre devoir de les corriger mais les Français peuvent être fiers de leur hôpital public".

Un plan d'investissement sera également lancé, même si Edouard Philippe l'a admis: cette question du financement de l'hôpital est " horriblement technique ". Edouard Philippe s'est engagé sur la question de la hausse des salaires. " Une partie de ce programme doit être dédiée aux investissements au niveau des territoires, pour accélérer les coopérations entre la ville, l'hôpital, le médico-social et entre le public et le privé " a-t-il déclaré. Une prise de position déjà relayée par Olivier Véran, qui a jugé nécessaire de remettre en cause les " carcans qui empêchent ceux qui le souhaitent de travailler davantage ".

Le Ségur de la santé a officiellement été lancé ce lundi par le Premier ministre. Le chef du gouvernement a jugé par ailleurs nécessaire de "réorienter" les investissements, pour "accélérer les projets" portés par les hôpitaux et les accompagner "dans leurs démarches de désendettement".

Lors du Conseil des ministres mercredi dernier, Olivier Véran avait évoqué pour sa part un " effort de 13 milliards d'euros ", sans préciser ce que ce chiffre recoupait.

"Il ne s'agirait pas de revisiter que les rémunérations de quelques professionnels ou de quelques métiers", a confirmé son homologue de la CGT-Santé, Mireille Stivala.

Hier, une cinquantaine de personnes se sont regroupées devant le ministère de la Santé à l'appel du syndicat SUD-Santé qui avait déployé une banderole "Pas de retour à l'anormale". Ce mardi, deuxième jour du Ségur, a eu lieu la mise en place d'un groupe de travail sur les "carrières et rémunérations" et d'un "comité Ségur national", qui servira de cadre pour suivre "l'avancement global de la concertation". "Monsieur le président, montrez-nous qu'on peut compter sur vous", exhorte un collectif de soignants dans une lettre publiée par Libération.

Ce geste est attendu depuis des années par les syndicats, qui pointent la faiblesse des salaires hospitaliers, notamment pour les infirmiers: ces derniers touchent 1.500 euros net en début de carrière, soit l'un des niveaux les plus faibles des pays de l'OCDE.

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