Camion de l'horreur en Angleterre: 13 arrestations en Belgique

Camion charnier en Angleterre : 13 arrestations en Belgique, 13 en France

Camion charnier en Angleterre : 26 interpellations en France et en Belgique

Des hébergeurs, des chauffeurs de taxi et un organisateur présumé du réseau de trafic de migrants: près d'une trentaine de personnes au total ont été interpellées cette semaine en France, en Belgique et en Allemagne dans le cadre d'une opération de police internationale, coordonnée par l'organisme de coopération judiciaire Eurojust.

Il s'agit du premier développement majeur dans ces deux pays dont les justices enquêtent sur ce drame conjointement avec celles d'Irlande et du Royaume-Uni.

Dans l'Hexagone, les treize personnes arrêtées mardi étaient vendredi soir toujours en cours de présentation à la justice en vue de leur mise en examen et de leur placement en détention provisoire.

Le conteneur dans lequel les corps avaient été découverts provenait du port belge de Zeebruges et certaines victimes avaient séjourné en Belgique avant leur départ, a précisé le parquet fédéral belge dans un communiqué. "L'organisation se concentrait sur le transport de réfugiés venant d'Asie, du Vietnam en particulier", est-il ajouté, et elle est "suspectée d'avoir rendu possible" le transport des 39 migrants découverts morts le 23 octobre par la police britannique dans une zone industrielle à Grays (Essex).

D'après des éléments de l'enquête dont l'AFP a eu connaissance, plusieurs suspects, de nationalité vietnamienne, sont eux-mêmes des candidats au passage vers l'Angleterre, et sont soupçonnés d'avoir accepté de s'enrôler dans le trafic en devenant des responsables de lieux d'hébergement afin d'obtenir un rabais sur le prix du voyage qu'ils devaient régler au réseau.

"La filière mise en place par les trafiquants est soupçonnée d'avoir vraisemblablement transporté jusqu'à plusieurs dizaines de personnes chaque jour depuis plusieurs mois", a souligné le parquet fédéral belge.

Conduite en France par la juridiction nationale de lutte contre la criminalité organisée (Junalco), l'information judiciaire, ouverte début mars à Paris, fait suite à une enquête initiée fin 2019 après la découverte de 39 migrants vietnamiens décédés dans un camion frigorifique dans la nuit du 22 au 23 octobre 2019 au Royaume-Uni.

Le drame avait provoqué une forte émotion et mis en lumière les voies migratoires clandestines très organisées entre le Vietnam et l'Europe. Le chauffeur du véhicule, Maurice Robinson, 25 ans, a ainsi plaidé coupable d'homicide devant un tribunal londonien.

En mai, le présumé organisateur de la rotation des différents chauffeurs a été arrêté en Irlande.

Jusqu'à présent, cinq personnes ont été inculpées par un juge d'instruction de Flandre occidentale de trafic d'êtres humains avec circonstances aggravantes, appartenance à une organisation criminelle et faux et usages de faux.

Les personnes interpellées en Ile-de-France sont soupçonnées d'avoir hébergé et transporté des migrants par taxi entre la région parisienne et le Nord, selon cette source.

Cette source a relevé que le réseau était resté actif même après l'épisode du camion charnier et pendant la période du confinement lié à la pandémie de coronavirus. Les suspects interpellés en Belgique encourent des peines allant d'un an à 15 ans d'emprisonnement et "une amende de 1000 à 150 000 euros par victime identifiée", selon le parquet belge.

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