Des scientifiques mettent en doute l'étude sur l'hydroxychloroquine — Coronavirus

L’hydroxychloroquine est utilisée par certains médecins dont le Pr Raoult pour soigner les malades atteints du Covid-19

L’hydroxychloroquine est utilisée par certains médecins dont le Pr Raoult pour soigner les malades atteints du Covid-19. REUTERS George Frey

Avant la publication des conclusions du journal The Lancet sur les conclusion, plus précisément le 2 mai 2020, en faisant le bilan d'étape après deux mois de présence du virus au Sénégal, le Professeur Moussa Seydi, chef du service des maladies infectieuses à l'hôpital Fann de Dakar, révélait qu'une étude allait publiée dans une des plus grande revue du monde pour dire que l'hydroxychloroquine était dangereuses.

D'après cette étude britannique, qui compare les données de quelque 96.000 patients traités dans 671 hôpitaux dans le monde, la controversée hydroxychloroquine ne semble pas être bénéfique aux malades du coronavirus.

La publication de l'étude du Lancet la semaine dernière a conduit l'OMS à suspendre "temporairement", par précaution, l'inclusion de nouveaux patients dans les essais cliniques avec l'hydroxychloroquine, menés avec ses partenaires dans plusieurs pays.

Mais, rebondissement, des chercheurs, y compris certains déjà sceptiques sur l'intérêt de la molécule contre le Covid-19, ont exprimé leurs doutes sur l'étude du Lancet. Or, "cet examen a soulevé à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l'intégrité des données", soulignent-ils avant de faire une longue liste de points problématiques, du refus des auteurs de donner accès aux données à l'absence d'"examen éthique". Interpellé, le directeur de l'étude le Dr Mandeep Mehra, avait déclaré à la presse australienne, avoir contacté Surgisphere, la société qui a fourni les données, pour concilier les divergences avec "la plus grande urgence ".

Selon les données communiquées par les chercheurs, rapporte The Guardian Australia, cinq hôpitaux australiens ayant enregistré 600 patients et 73 décès à la date du 21 avril ont été pris en compte. "Cela souligne le besoin de vérification des erreurs dans l'ensemble de la base de données", réclame les scientifiques dans leur lettre ouverte.

Notant que la médiatisation autour de cette étude a provoqué "une inquiétude considérable chez les patients et les participants" aux essais cliniques, ces scientifiques appellent à la mise en place par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) ou une autre institution, "indépendante et respectée", d'un groupe chargé de mener une analyse indépendante des conclusions de l'étude.

Parmi les signataires se trouve également le Français Philippe Parola, collaborateur du Pr Didier Raoult à Marseille, promoteur français de l'hydroxychloroquine qui a largement contribué à populariser ce traitement. "Ce n'est pas la fin". Mais c'est peut-être la fin du commencement +... "De la guerre contre la chloroquine", a-t-il tweeté.

Sur Twitter, le professeur François Balloux, de l'University College de Londres, résumait: " J'ai des doutes sérieux sur les bénéfices d'un traitement à la chloroquine/hydroxychloroquine contre le Covid-19 et j'ai hâte que cette histoire se termine.

"Signataires ou non, de nombreux scientifiques ont relayé leurs inquiétudes de l'impact de cette affaire sur la science, parfois avec les hashtags #Lancetgate (" scandale Lancet ") ou #whats_with_hcq_lancet_paper (" que se passe-t-il avec l'étude du Lancet ")". "Si l'article du Lancet est une fraude cela va briser la confiance dans les scientifiques de façon durable", a ainsi commenté vendredi le Pr Gilbert Deray, de la Pitié-Salpêtrière à Paris".

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