Le Pr Raoult "continuera les traitements les plus adaptés" — Hydroxychloroquine

De nombreux scientifiques réclament une nouvelle analyse du médicament

De nombreux scientifiques réclament une nouvelle analyse du médicament

L'efficacité de ce traitement est défendue par le professeur Didier Raoult. Une semaine après la parution dans la revue de référence The Lancet d'une étude affirmant que la molécule et son dérivé, l'hydroxychloroquine, étaient inefficaces, voire dangereux, dans le traitement du Covid-19, des voix s'élèvent pour mettre en doute la méthodologie de ces travaux qui ont abouti à la suspension d'essais cliniques. Ils dressent une longue liste des points problématiques, d'incohérences dans les doses administrées dans certains pays à des questions éthiques sur la collecte des données des patients, en passant par le refus des auteurs de donner accès aux données brutes. Selon lui, "un diagnostic précoce, un isolement précoce et un traitement précoce avec au moins trois jours d'hydroxychloroquine-Azithromycine (HCQ-AZ) permettent d'obtenir un résultat clinique et une contagiosité nettement meilleurs chez les patients atteints de Covid-19 que les autres traitements".

Le Dr Sapan Desai, fondateur de Surgisphere, la société dont sont issues les données hospitalières de l'étude parue dans The Lancet, a en effet indiqué dans un communiqué que "cet hôpital [comptabilité dans un premier temps en Australie] aurait dû être mieux attribué à la catégorie Asie continentale ". "Cela souligne le besoin de vérification des erreurs dans l'ensemble de la base de données", soulignent les scientifiques dans leur lettre ouverte.

Notant que la médiatisation autour de cette étude a provoqué "une inquiétude considérable chez les patients et les participants" aux essais cliniques, ils appellent à la mise en place par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) ou une autre institution, "indépendante et respectée", d'un groupe chargé de mener une analyse indépendante des conclusions de l'étude.

Parmi les signataires se trouve également le Français Philippe Parola, collaborateur du Pr Didier Raoult à Marseille, promoteur français de l'hydroxychloroquine qui a largement contribué à populariser ce traitement. "De la guerre contre la chloroquine", a-t-il tweeté.

"Mais tous les signataires de la lettre ouverte sont loin d'être des défenseurs de l'hydroxychloroquine".

Sur Twitter, le professeur François Balloux, de l'University College de Londres, résumait: " J'ai des doutes sérieux sur les bénéfices d'un traitement à la chloroquine/hydroxychloroquine contre le Covid-19 et j'ai hâte que cette histoire se termine. Aussi, " c'est avec le cœur lourd que j'ai ajouté mon nom à la lettre ouverte ".

"Si l'article du Lancet est une fraude cela va briser la confiance dans les scientifiques de façon durable", a ainsi commenté ce 29 mai le professeur Gilbert Deray, de la Pitié-Salpêtrière à Paris. "Ils travaillent pour répondre aux problèmes soulevés ".

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