Covid-19 et chloroquine : mise en garde pour étude du Lancet

Hydroxychloroquine: The Lancet aussi émet des doutes sur son étude controversée

Hydroxychloroquine : The Lancet aussi émet des doutes sur son étude controversée

Alors qu'elle avait diffusé, sur son site internet, l'étude remettant en cause l'utilisation de l'hydroxychloroquine contre le Covid-19, la revue The Lancet a émis, ce mardi, des réserves sur cette même étude. Cette alerte scientifique avait poussé l'Organisation Mondiale de la Santé à faire volte-face dans son essai clinique Solidarity.

Il est notamment reproché aux scientifiques à l'origine de la publication du Lancet d'avoir rendu des conclusions d'observations, fournies à partir de la compilation de registres de différents patients.

Bien qu'un audit indépendant sur la provenance et la validité des données ait été commandé par les auteurs non affiliés à Surgisphere et soit en cours, avec des résultats attendus très prochainement, nous publions une expression d'inquiétude pour alerter les lecteurs sur le fait que de sérieuses questions scientifiques ont été portées à notre attention. L'étude de Mehra et al se fonde sur une variété de données médicales attachées à plus de 90 000 patients atteints de la pneumonie virale pandémique et hospitalisés dans plus de 670 établissements dispersés à travers le monde. Pour rappel, elle concluait que l'hydroxychloroquine n'était pas bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et pouvait même être néfaste.

Afin d'établir la vérité, il est besoin de mettre toute chose en doute autant qu'il se peut. Celles-ci émanent de Surgisphere, qui se présente comme une société d'analyse de données de santé, basée aux Etats-Unis. Quant aux scientifiques auteurs de l'étude, le Dr Mandeep Mehra et ses collègues, ils continuent de la défendre.

L'étude a également été attaquée avec virulence par les défenseurs de l'hydroxychloroquine, au premier rang desquels le chercheur français Didier Raoult. Lors de sa parution, il avait qualifié l'étude de "foireuse" et estimé qu'elle avait été réalisée par des "pieds nickelés". Une autre étude récemment publiée par la même équipe de médecins et chercheurs dans la revue The New England Journal of Medicine a aussi été la cible d'un signalement similaire par ladite revue. Cette étude-là ne portait pas sur l'hydroxychloroquine mais sur un lien entre la mortalité due au Covid-19 et les maladies cardiaques.

"Ces errements illustrent que le temps scientifique doit être déconnecté de celui médiatique".

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