L'hydroxychloroquine inefficace dans la prévention du Covid-19, selon un essai clinique

L'hydroxychloroquine inefficace dans la prévention du Covid-19, selon une étude

Coronavirus : prendre de l’hydroxychloroquine à titre préventif ne serait pas efficace

Des chercheurs ont rendu leur conclusion à la suite d'un essai clinique.

Le président américain Donald Trump a déclaré utiliser l'hydroxychloroquine à titre de prophylaxie contre le COVID-19, mais la Food and Drug Administration a mis en garde fin avril contre son utilisation en dehors du cadre hospitalier en raison du risque de problèmes de rythme cardiaque. C'est ce que révèle une nouvelle étude menée aux États-Unis et au Canada, relayée par le New York Times.

Pour parvenir à ce résultat, une équipe de scientifiques pilotée par l'université du Minnesota a étudié des adultes entrés en contact avec une personne positive au coronavirus pendant plus de 10 minutes à une distance de deux mètres ou moins. La plupart de ces individus étaient considérés comme "à risque" de contracter la maladie parce qu'ils ne portaient pas de masque lors de l'interaction avec la personne infectée.

"Cet essai randomisé n'a pas démontré un bénéfice significatif de l'hydroxychloroquine comme traitement prophylactique après une exposition au Covid-19", ont conclu les auteurs.

Au bout de 14 jours, 11,8% des participants prenant de l'hydroxychloroquine et 14,3% des participants sous placebo ont développé la maladie, ce qui ne constitue pas une différence statistiquement significative (la différence observée est de -2,4% pour un intervalle de confiance à 95% allant de -7% à +2%). Les chercheurs ont ensuite analysé via des tests en laboratoire et l'étude de symptômes combien d'entre eux ont contracté le covid-19 dans les deux semaines suivantes.

49 des 414 patients (12%) qui ont reçu le traitement ont contracté la maladie, contre 58 sur les 407 (14%) qui ont reçu un placebo, un écart non considéré comme significatif statistiquement. En revanche, les effets secondaires ont été plus fréquents avec le groupe traité à l'hydroxychloroquine qu'avec ceux ayant reçu le placebo -40,1% contre 16,8%- quoiqu'aucun effet grave n'a cependant été signalé. Les conclusions de cette recherche étaient très attendues, car l'expérience est considérée comme la référence pour l'étude des résultats cliniques. Malgré tout, "l'étude est trop petite pour être irréfutable", prévient Martin Landray, un professeur de médecine et d'épidémiologie à l'université d'Oxford qui n'a pas participé à la confection de l'étude. Plus d'études seront nécessaires pour savoir de façon certaine si l'hydroxychloroquine peut ou non avoir un effet positif modéré, estime par ailleurs l'expert.

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