Coup dur pour la crédibilité de la recherche scientifique — Lancet Gate

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Coronavirus : l’OMS change d’avis sur la Chloroquine

Il convient cependant de relever que l'étude ayant conduit 10 jours plus à la décision de l'OMS de cesser temporairement ses essais cliniques sur l'hydroxychloroquine a fait l'objet de nombreuses critiques à travers le monde, au point que la revue médicale britannique a pris ses distances, mardi 2 juin, avec ses auteurs.

L'OMS fait marche arrière concernant la chloroquine.

Le directeur général de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a annoncé mercredi la reprise des essais cliniques sur l'hydroxychloroquine comme traitement potentiel contre le Covid-19, après une interruption de plusieurs jours.

L'agence française du médicament (ANSM), va elle aussi réexaminer sa position après avoir suspendu par précaution les essais.

Publiée le 22 mai dans The Lancet, l'étude concluait que l'hydroxychloroquine n'est pas bénéfique aux malades du Covid-19 hospitalisés et peut même être néfaste. Il a affirmé que les personnes traitées par l'hydroxychloroquine ou la chloroquine associée présentaient un risque plus élevé de décès et de problèmes de rythme cardiaque que les patients qui n'avaient pas reçu les médicaments. Par contre, le professeur Didier Raoult et ses partisans les trouvent " formidablement efficaces " et sans danger. L'OMS qui avait basé sa décision sur cette publication, est revenue sur sa décision. Il s'agit d'un essai clinique contrôlé et randomisé (patients choisis par tirage au sort), méthode considérée comme la plus solide. Une expression qu'il avait déjà utilisée lors de la sortie de l'étude qualifiant de "pieds nickelés de la science", les personnes ayant réalisé cette étude. Les tests sur les autres pistes de traitement continuent. Ces derniers ont évoqué la responsabilité de Surgisphere, une société spécialisée dans l'analyse de données de santé. Alors que les trois auteurs formulent dans ce texte des excuses aux lecteurs et à la revue, Madeep Mehra a par ailleurs publiquement regretté: "Je n'ai pas fait assez pour m'assurer que la source de données était appropriée". "Aujourd'hui, trois des auteurs de l'article ont rétracté leur étude (...) ilsne peuvent plus garantir la véracité des sources de données primaires " annonce la revue. Les principales critiques portaient sur la fiabilité des données de cette étude (96.000 patients de 671 hôpitaux) collectées par Surgisphere, qui se présente comme une société d'analyse de données de santé et qui est dirigée par Sapan Desai, quatrième auteur de l'article.

Dans une lettre ouverte publiée le 28 mai, des dizaines de scientifiques du monde entier soulignent que l'examen minutieux de l'étude du Lancet soulève " à la fois des inquiétudes liées à la méthodologie et à l'intégrité des données ".

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