Coronavirus : pourquoi un corticoïde, la dexaméthasone, suscite l'espoir

La dexamethasone utilisée au Royaume Uni dans le traitement de Covid-19

Covid-19 : un stéroïde réduirait la mortalité d’un tiers chez les patients les plus atteints

La dexaméthasone, la nouvelle chloroquine?

Les orientations cliniques de l'OMS pour le traitement des patients infectés par le nouveau coronavirus s'adressent aux médecins et autres professionnels de la santé et cherchent à utiliser les dernières données pour informer les cliniciens sur la meilleure façon de lutter contre toutes les phases de la maladie, du dépistage au congé.

Administrée à très petite dose, la dexaméthasone réduit de 20 % le risque de décès pour les patients sous oxygène et de 35 % pour les patients intubés sous respirateur artificiel.

Your browser cannot play this video.

Lancé en mars dernier, l'essai RECOVERY est l'un des plus grands essais randomisés et contrôlés au monde concernant les traitements potentiels contre le coronavirus.

Sur les 11 500 patients étudiés dans le cadre de l'étude, 2104 ont été choisis aléatoirement pour recevoir quotidiennement 6 mg de dexaméthasone (par voie orale ou par injection intraveineuse). Selon les chercheurs, "une mort sur huit pourrait être évitée grâce à ce traitement chez les patients placés sous ventilation artificielle". En tout cas beaucoup plus létal que l'hydroxychloroquine.

La dexamethasone, un médicament de la famille des stéroïdes testé par l'essai clinique britannique Recovery, est connu pour son effet anti-inflammatoire puissant. Il s'agit d'un résultat extrêmement bienvenu. Autrement dit, la dexaméthasone aurait très peu d'effets sur les patients ne nécessitant pas d'assistance respiratoire lourde.

Le ministre de la Santé britannique a annoncé que les services de santé du Royaume-Uni allaient immédiatement utiliser la dexamethasone pour traiter la maladie. Dans un message ce mardi, l'Organisation mondiale de la santé (OMS) a salué cette "percée scientifique".

"J'avais longtemps travaillé sur cette substance". 25% chez les patients sous oxygène. Dans le groupe traité comme dans le groupe témoin, le taux de mortalité était de 13%. " Il rappelle qu'à Marseille, où l'hydroxychloroquine a été testée, seulement 16% des patients en soins intensifs sont décédés. Ils l'ont fait pour obtenir des résultats significatifs dans le groupe dexaméthasone", assure-t-il. "D'autre part, le Covid-19 peut provoquer des lésions pulmonaires (fibroses) et les effets d'un traitement à base de cortisone sur ces lésions sont encore inconnus", tempère le professeur, qui rappelle qu'il ne s'agit, pour le moment, que d'un communiqué et non d'une publication scientifique et complète de l'étude.

Maria Van Kerkhove, responsable technique de la cellule chargée de la gestion de la pandémie de Covid-19, déclare que les gouvernements doivent s'appuyer sur des données solides pour décider comment, quand et où assouplir les restrictions sur le déplacement des populations et les rassemblements publics - et être prêts à les réinstaurer, espérons de façon temporaire. "Après toutes les rétractations et les retours en arrière, il est inacceptable de diffuser les résultats de l'étude par communiqué de presse sans publier le document " s'irrite ainsi le docteur Atul Gawande.

Dernières nouvelles