La France rapatrie dix enfants qui étaient dans des camps en Syrie

Syrie: dix enfants de djihadistes français ont été rapatriés dans l'Hexagone

La France rapatrie dix enfants qui étaient dans des camps en Syrie

"Ces enfants ont été remis aux autorités judiciaires françaises, et font désormais l'objet d'un suivi médical particulier et d'une prise en charge par les services sociaux", a précisé le Quai d'Orsay.

"La France a procédé ce jour au retour de dix jeunes enfants français mineurs, orphelins ou cas humanitaires, qui se trouvaient dans des camps du nord-est de la Syrie", indique le ministère des Affaires étrangères, sans préciser leur lieu d'arrivée en France ni les circonstances dans lesquelles ils ont quitté la Syrie.

La France a "remercié" l'administration semi-autonome kurde du nord-est de la Syrie pour sa "coopération" dans ce nouveau rapatriement.

La France a transféré sur son territoire 28 enfants de Syrie depuis l'effondrement du groupe État islamique (EI) en mars 2019. Les autorités françaises souhaiteraient que ces adultes soient jugés sur place. Sur Europe 1, la ministre de la Justice, Nicole Belloubet, a expliqué que ces enfants n'ont jamais fait le choix d'aller sur ces terrains de combats ou d'accompagner les opérations des djihadistes. La situation est par ailleurs compliquée pour les enfants non orphelins, pour lesquels l'autorisation de la mère est nécessaire. "Certains attendent encore DEPUIS PLUS DE DEUX ANS. Ce n'est pas à ce prix que nous devons envisager le rapatriement de ces enfants, déjà meurtris par leur histoire, les deuils, la guerre, la vie dans les camps: abandonner leurs mères (et une partie de leurs frères et sœurs) dans les camps n'est pas conforme à l'intérêt supérieur de ces enfants et ne peut qu'accentuer leurs traumatismes", ajoute le collectif. Selon lui, "tous les enfants français vivant dans les camps en Syrie sont des "cas humanitaires". O. C.

Au total, quelque 12'000 étrangers, 4000 femmes et 8000 enfants, sont installés dans trois camps de déplacés du nord-est, la grande majorité dans celui d'Al-Hol, selon les autorités kurdes. Elles appellent régulièrement les pays concernés à rapatrier leurs ressortissants, affirmant ne pas être en mesure de les garder beaucoup plus longtemps. Treize jihadistes françaises, dont Hayat Boumedienne, la compagne d'Amedy Coulibaly, l'auteur de l'attentat de l'Hyper Cacher à Paris, en janvier 2015, se sont récemment évadées des camps où elles étaient détenues.

"Ces enfant sont marqués au fer rouge par la violence de leur histoire", a insisté auprès de l'AFP l'avocate Marie Dosé, qui défend plusieurs familles et "demande instamment à la presse de les préserver en ne révélant pas leur identité, car ils ont assez souffert comme ça".

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