Scénario encore plus sombre pour une récession historique — Économie mondiale

Le FMI table désormais sur une contraction du PIB mondial de 4,9% contre 3% en avril

Le FMI table désormais sur une contraction du PIB mondial de 4,9% contre 3% en avril. AFP

Au moment des prévisions d'avril, l'équipe de Gita Gopinath, économiste en chef du FMI, estimait que l'incertitude ne pouvait conduire qu'à des alternatives plus pessimistes, a-t-elle souligné lors d'un entretien avec l'AFP.

Aucun pays n'échappe au pessimisme ambiant à commencer par la Chine, d'où est parti, fin 2019, le virus mortel.

La crise sanitaire va être encore plus dévastatrice pour les Etats-Unis, dépourvus de filet de sécurité sociale et malgré les gigantesques plans d'aide du gouvernement (quelque 3000 milliards de dollars). Le PIB des Etats-Unis, première économie du monde, va ainsi plonger de 8% contre 5,9% estimé précédemment.

En outre, prévient-il, "la reprise devrait être plus progressive que prévu".

Le second scénario alternatif se base sur une reprise économique plus rapide qu'estimé actuellement, avec des mesures post-confinement plus efficaces (distanciation physique et tests plus efficaces, pratiques de traçage et d'isolement) et une reprise plus rapide que prévu au cours du second semestre. Et pour 2021, il a abaissé sa prévision de croissance mondiale à 5,4% contre 5,8% attendu au printemps. "De nombreux pays font déjà beaucoup" pour aider les entreprises et les ménages, a-t-elle souligné mais ils devront veiller à ne pas revenir sur ces aides trop rapidement mais "de manière graduelle", a-t-elle également mis en garde.

Le FMI est particulièrement inquiet de l'impact négatif sur les plus vulnérables, qui "met en péril les progrès significatifs accomplis dans la réduction de l'extrême pauvreté dans le monde depuis les années 1990".

Pour autant, comme pour les projections publiées en avril, "il y a un degré d'incertitude plus élevé que d'habitude autour de cette prévision", observe le FMI.

In fine, cela pourrait se révéler pire ou meilleur.

" Nous sommes donc un peu plus équilibrés dans notre façon de penser", a-t-elle commenté, soulignant qu'en cas de découverte de vaccin, " les économies pourraient se rétablir plus vite ". Non, avertissent de plus en plus d'économistes, alarmés par la violence du choc au premier semestre.

Ces révisions concernent notamment les économies développées.

" Non seulement la pandémie est toujours avec nous, mais encore elle touche la majeure partie de l'Amérique", a relevé la patronne du FMI.

En effet, l'ampleur du récent rebond des marchés financiers soulève des interrogations tant elle semble "déconnectée" des changements dans les perspectives économiques.

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