L'économie mondiale se contracterait de 4,9 % en 2020 — FMI

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Scénario encore plus sombre pour une récession historique

Et au total, cette crise va induire une perte cumulée de plus de 12.000 milliards de dollars pour l'économie mondiale en deux ans.

WASHINGTON, 24 juin (Xinhua) - Le Fonds monétaire international (FMI) a révisé mercredi à la baisse ses prévisions concernant l'économie mondiale alors que se font de plus en plus sentir les impacts du COVID-19.

La dette publique mondiale devrait atteindre plus de 100% du PIB cette année. C'est bien pire que les 3% anticipés en avril en plein coeur de la pandémie, quand le FMI soulignait déjà qu'il s'agissait de la pire crise depuis la Grande Dépression des années 30. C'est moins qu'en Espagne ou en Italie, qui accusent toutes deux une récession record de 12,8% cette année.

Pour l'heure, aucun pays n'échappe au pessimisme ambiant à commencer par la Chine, d'où est parti, fin 2019, le virus mortel.

Dans le second scénario alternatif, le FMI table sur une reprise plus rapide que prévu au cours du second semestre à la faveur de mesures post-confinement plus efficaces (distanciation physique et tests plus efficaces, pratiques de traçage et d'isolement).

La crise sanitaire va porter un coup encore plus fort aux Etats-Unis, dépourvus de filet de sécurité sociale et malgré les gigantesques plans d'aide du gouvernement (quelque 3000 milliards de dollars). La reprise en 2021 sera, elle, moins soutenue (+4,5%).

Partout ailleurs dans le monde, des chiffres catastrophiques: -10,2% pour les pays de la zone euro et pour le Royaume-Uni, -9,4% dans la région d'Amérique latine et des Caraïbes, -8% en Afrique du Sud, -5,8% au Japon, -4,7% au Moyen-Orient et Asie centrale ou encore -4,5% en Inde. Pour la première fois de l'histoire, toutes les régions du monde devraient être en récession en 2020, à l'exception de la Chine, dont la croissance (+ 1 %) sera toutefois la plus basse depuis l'ère de Mao, note Le Figaro.

"L'impact négatif sur les ménages à bas revenus est particulièrement sévère, et pourrait compromettre les progrès considérables qui ont été accomplis en matière de réduction de l'extrême pauvreté dans le monde depuis les années 90", avertit le Fonds.

Au contraire, "de nouvelles vagues d'infections peuvent freiner " la reprise "et resserrer rapidement les conditions financières, provoquant un surendettement", a résumé Gita Gopinath. De plus, la reprise est " inégale", souligne Gita Gopinath. Certains secteurs comme les ventes au détail rebondissent quand d'autres comme les services "à forte intensité de contacts, l'hôtellerie, les voyages et le tourisme, restent déprimés", constate-t-elle. Dans cette hypothèse, les économistes du FMI pensent que les Etats prendraient des mesures de confinement sans doute plus ciblées sur les personnes et groupes vulnérables plutôt que sur la totalité d'une population.

En effet, l'ampleur du récent rebond des marchés financiers soulève des interrogations tant elle semble "déconnectée " des changements dans les perspectives économiques.

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