La Cour d'appel de Lyon rend sa décision jeudi — Levothyrox

Levothyrox: Merck condamné un combat d'une autre ampleur se poursuit pour les victimes de la Nièvre et du Cher

Changement de formule du Levothyrox : Merck condamné en appel à verser 1 000 euros à plus de 3 000 plaignants

La Cour d'appel de Lyon rend sa décision jeudi dans le volet civil de l'affaire du Levothyrox, dont le fabricant est accusé par quelque 3.300 malades de la thyroïde de les avoir mal informés sur le changement de formule de ce traitement.

Condamné jeudi par la cour d'appel de Lyon à verser 1 000 € de dommages et intérêts par plaignant, le groupe pharmaceutique va contester ce verdict.

Le motif de la procédure?

Une décision "totalement incompréhensible" pour le directeur juridique de Merck en France, Florent Bensadoun. "Rien n'est définitif car cette décision pourrait être remise en cause par la Cour de Cassation". A cette date, il était conseillé d'effectuer un dosage hormonal pour vérifier que le changement de formule ne présente aucun risque. "Le Levothyrox est un médicament à marge thérapeutique étroite".

La sentence est lourde pour le laboratoire pharmaceutique allemand Merck. "C'est d'ailleurs ce qui se passe fréquemment et de façon transitoire lorsqu'un patient voit son dosage adapté".

Pour le laboratoire, les remontées d'effets indésirables sur la nouvelle formule sont aujourd'hui " normales et comparables à l'ancienne ". Pour préparer les patients à un changement de traitement, le choix du progressif a donc été fait: l'ancien médicament a été remis sur le marché à compter du 15 septembre 2017, temporairement. "Actuellement, les patients disposent de 6 alternatives médicamenteuses pour pallier cette dérégulation hormonale ", explique Valérie Léto.

On ne se contente pas d'attaquer Merck pour défaut d'information. Pour défendre ce manque de sensibilisation, une action collective de 4 115 patients a été menée par Me Christophe Léguevaques. Le 5 mars 2019, le Tribunal d'instance de Lyon rejetait la demande: indemniser chaque patient de 10 000 euros pour préjudice moral.

Les parties civiles ont pourtant obtenu gain de cause en appel.

En première instance, les plaignants avaient été déboutés, les juges lyonnais écartant toute faute de Merck dans le lancement du nouveau Levothyrox en 2017. "En tant que laboratoire, nous ne sommes pas en droit de communiquer directement avec les patients ", étaye Valérie Léto. "Pas moins de 300.000 actes de communication ont été transmis à pas moins de 100.000 professionnels de santé", souligne Florent Bensadoun. "Le plan d'information et de communication a été construit en accord avec les autorités de santé qui l'ont validé, et avec des experts en endocrinologie et des associations de patients".

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