La décision sur l'annexion "revient aux Israéliens" — Cisjordanie

Des portraits géants du Premier ministre isralien Benjamin Netanyahu et du président américain Donald Trump exposées par une association représentant des colonies de Cisjordanie occupée le 10 juin 2020 à Jérusalem

Le projet israélien d'annexion de pans de Cisjordanie entre dans une phase critique

L'ONU et la Ligue arabe ont demandé d'une seule et même voix à Israël d'abandonner ses plans d'annexion en Cisjordanie, mercredi 24 juin. De son côté, le chef de la diplomatie palestinienne, Riad Al-Malki, a qualifié de " crime", toute annexion de territoires de la Cisjordanie par l'Etat hébreu devant le Conseil de sécurité de l'ONU et a averti "d'immédiates répercussions" si le projet se concrétisait.

"Pour M. Netanyahu, le plan Trump offre une " opportunité historique " de faire valoir la " souveraineté " d'Israël sur des pans de la " Judée-Samarie", nom biblique et officiel pour l'Etat hébreu de la Cisjordanie.

Plus de 450 000 Israéliens vivent dans ces lieux, jugés illégaux par le droit international.

La vallée du Jourdain, plaine agricole aux ressources aquifères, compte pour 30% de la Cisjordanie, un territoire palestinien occupé depuis 1967 par Israël.

" L'étendue de l'annexion aura définitivement un impact sur l'intensité de la réaction internationale", note Nimrod Goren, fondateur de Mitiv, un institut de recherche sur le Moyen-Orient, et enseignant à l'Université hébraïque de Jérusalem.

Au cours des dernières années, les " Printemps arabes", l'émergence du groupe Etat islamique (EI) et la montée en puissance de l'Iran sur la scène régionale ont contribué à mettre le conflit israélo-palestinien sur la banquette arrière des priorités du Moyen-Orient.

"Avec une hypocrisie sans nom, la suite du communiqué parle des " relations d'amitié qui règnent entre l'Europe et Israël et que l'Europe souhaite préserver et développer " ainsi que de la " sécurité d'Israël qui est chère aux yeux de l'UE " (Contrairement à ses droits nationaux) mais le communiqué se poursuit par une menace: " L'annexion entraînerait des conséquences dans nos relations proches avec Israël ".

Le Premier ministre palestinien Mohammed Shtayyeh a estimé à cette occasion que la position des dirigeants palestiniens contre le plan d'annexion israélien était "ferme et stable". Ce fait jouant nettement en faveur d'une annexion rapide que tout le monde craint fortement quoiqu'en Israël, l'appui à l'annexion est parti en éclats dans l'opinion publique, descendant sous le seuil des 50%, avec à la clé la crainte d'une nouvelle vague de violences en pleine crise économique née de la pandémie du coronavirus (Covid-19).

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