Wirecard, un scandale financier aux multiples rebondissements — Allemagne

Wirecard admet que les 1,9 milliard d'euros inscrits au bilan 'n'existent peut-être pas'

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Markus Braun, qui avait récemment quitté ses fonctions, s'est livré de lui-même aux autorités après le lancement d'un mandat d'arrêt à son encontre pour avoir "gonflé" artificiellement le bilan de l'entreprise de services de paiement en ligne, en vue de le rendre "plus attractif pour les investisseurs et les clients", a indiqué le parquet de Munich dans un communiqué.

Les procureurs ont déclaré que Braun s'était rendu lundi soir et serait conduit mardi devant un juge d'instruction qui décidera alors s'il doit rester en détention. Une somme qui représente un quart du total de bilan de Wirecard qui propose des services de gestion des risques, de cartes de crédit et de traitement des transactions notamment à des entreprises. La découverte des comptes présumés fictifs aux Philippines n'a fait qu'amplifier les soupçons. L'action remontait mardi en matinée de près de 16 %, à 16,7 euros.

Les banques des Philippines censées abriter les fonds ont affirmé n'avoir aucun lien avec Wirecard et la banque centrale du pays, qui a ouvert une enquête, a assuré que "les fonds manquants ne sont pas entrés dans le système financier".

Mais dans une déclaration transmise à l'hebdomadaire Der Spiegel, il a nié être au courant des "supposées malversations".

L'étau se resserre encore autour de Wirecard.

La justice soupçonne dorénavant une vaste fraude.

Le cours boursier de Wirecard s'est écroulé jeudi et vendredi derniers.

L'entreprise a non seulement reporté sine die la publication de ses résultats 2019, mais elle "ne peut pas exclure une révision des comptes des années précédentes". Lorsqu'il sera libéré, il devra se présenter à la police chaque semaine.

Au départ Wirecard est une start-up bavaroise créée en 1999, servant d'intermédiaire dans des paiements électroniques réalisés pour l'industrie du porno et des jeux en ligne.

Désormais, c'est une avalanche de problèmes judiciaires qui se profile pour elle.

Le parquet de Munich enquête depuis début juin sur l'ensemble du directoire dont son ex-président et le chef des opérations, Jan Marsalek, renvoyé définitivement lundi après sa mise à pied provisoire décidée le 18 juin.

Ces dirigeants auraient cherché au printemps à embellir une expertise comptable à venir du cabinet KPMG.

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