Sanofi : la CGT "scandalisée", accuse le gouvernement de "cautionner les suppressions d'emplois"

Sanofi supprime 1.700 emplois en Europe dont un millier en France

Sanofi supprime 1.700 emplois en Europe dont un millier en France- ERIC PIERMONT

Après la présentation aux syndicats vendredi d'un plan de réorganisation "play to win" qui se traduit par 1.700 suppressions d'emploi en Europe dont 1.000 en France, Paul Hudson, le DG de Sanofi prend la parole pour défendre son projet. Une décision prise pour amorcer une "nouvelle stratégie", a assuré à l'AFP Olivier Bogillot, le président France du groupe.

Le plan de départs, qui a été présenté aux partenaires sociaux européens dans la matinée, concerne un millier des 25.000 collaborateurs en France sur 100.000 dans le monde, a précisé le dirigeant, cité par les médias.

Les départs en France seront "exclusivement basés sur le volontariat", s'étaleront sur trois ans et concernent des postes "en CDI pour la plupart, notamment des "fonctions support, commerciales et des plateformes liées à la recherches", a détaillé Olivier Bogillot".

Une réunion est prévue lundi pour "dérouler la feuille stratégique" aux partenaires sociaux français.

Tout en soulignant que la réorganisation concernera certains sites en Ile-de-France sur les fonctions support et surtout sur les sites tertiaires, Bogillot a tenu à rassurer qu'il n'y aura pas de fermeture d'usine. "C'est impensable pour nous", a protesté auprès de l'AFP Florence Faure, coordinatrice CFDT, premier syndicat chez Sanofi, promettant de "combattre ces suppressions d'emplois qui n'ont pas lieu d'être ".

Le DG du groupe pharmaceutique relativise par ailleurs le nombre des suppressions de postes annoncé.

Aucune usine de Sanofi ne fermera, a dit une autre source, mais l'activité de certains centres de recherche cessera, le groupe ayant décidé l'an dernier de mettre fin à ses recherches sur le diabète et les maladies cardiovasculaires. "Le groupe ne veut conserver que ce qui est le plus rentable" et "se désengager des médicaments les moins rentables, même s'ils ont un intérêt thérapeutique majeur".

Ce plan s'inscrit dans une stratégie plus large dévoilée en décembre dernier par le directeur général Paul Hudson, avec un objectif de réduction de coûts de deux milliards d'euros d'ici 2022. "C'est la santé pour le fric", a-t-il accusé.

Le chiffre d'affaires du laboratoire a progressé de 6,9 % lors du premier trimestre de 2020 pour atteindre les 9 milliards d'euros.

A contre-courant d'une grande partie d'entreprises qui ont soit réduit, soit annulé leur dividende en raison de la crise sanitaire, le groupe a prévu de verser un dividende supérieur à celui de l'année précédente à ses actionnaires, pour un montant total de près de 4 milliards. "Emmanuel Macron était au courant quand il est allé visiter l'usine de Marcy-l'Étoile (Rhône) la semaine dernière", a-t-il dit.

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