Penelope et François Fillon : ce qui les attend lundi au tribunal

Les époux Fillon et Marc Joulaud sont condamnés à rembourser un million d’euros à l’Assemblée nationale

Les époux Fillon et Marc Joulaud sont condamnés à rembourser un million d’euros à l’Assemblée nationale

Les Fillon, dont les avocats ont plaidé la relaxe, ont décrit des tâches certes majoritairement orales (être "les yeux et les oreilles" du député, "donneuse d'ordres" pour le courrier arrivé à leur manoir sarthois...) mais indispensables, selon eux, à la carrière de l'homme politique. L'association anti-corruption Anticor a accueilli avec satisfaction ce lundi la condamnation à Paris de François Fillon et de son épouse.

Les magistrats ont pointé les "manquements" de l'ancien Premier ministre et ancien parlementaire à ses devoirs de "probité" et d'"exemplarité". Les trois ont en outre été condamnés à rembourser plus d'un million d'euros à l'Assemblée nationale pour ces "détournements de fonds publics".

"François Fillon reste pour l'instant libre et la défense du couple fait appel pour se retrouver "face au parquet général", qui est dans ce dossier celui" à qui [elle] aurait dû avoir affaire".

En faisant "prévaloir son intérêt personnel sur l'intérêt commun" dans un but d'"enrichissement personnel", M. Fillon, 66 ans, "a contribué à éroder la confiance" des citoyens, a souligné la présidente du tribunal Nathalie Gavarino. Ce dernier a été condamné à 3 ans de prison avec sursis assorti d'une amende de 20 000 euros. Une peine assortie d'une amende de 375.000 euros et de dix ans d'inéligibilité.

Pour le tribunal, les contrats d'assistante parlementaire de Penelope Fillon auprès de son mari, puis de Marc Joulaud, entre 1998 et 2013, n'avaient "aucune consistance" et ne répondaient à "aucun besoin".

Le couple Fillon a aussi été reconnu coupable de complicité et de recel d'abus de biens sociaux, pour l'emploi fictif de Mme Fillon à la Revue des deux mondes, un titre aux mains d'un ami de François Fillon. Au début du mois de juin, Eliane Houlette a évoqué des " pressions" à l'époque où son parquet conduisait l'enquête sur les soupçons d'emplois fictifs.

"Il y aura un nouveau procès, c'est d'autant plus nécessaire que, depuis quelques jours, on commence enfin à comprendre ce que nous pressentons depuis 2017, les conditions ubuesques dans lequelles cette enquête s'est déclenchée, les conditions scandaleuses dans lesquelles cette instruction a été ouverte, les conditions surprenantes dans lequelles les investigations ont ensuite été conduites", a-t-il affirmé.

La défense, qui dénonce depuis trois ans une enquête "à charge" menée en pleine campagne présidentielle, espérait que le tribunal attende l'avis du CSM et la fin de la commission d'enquête parlementaire sur l'indépendance de la justice, devant laquelle s'exprimait Mme Houlette, pour en discuter et statuer.

Donné favori à la présidentielle, le chantre de la droite conservatrice avait finalement été éliminé au premier tour, après une campagne minée par cette affaire révélée par le Canard Enchaîné.

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