Russie: dernier jour d'un référendum sous le signe de Poutine

Les Russes ont voté en faveur des amendements à la Constitution                Sputnik. Evgeniy Odinikov

Les Russes ont voté en faveur des amendements à la Constitution Sputnik. Evgeniy Odinikov

" Dans le système russe, qui a au moins les signes extérieurs d'un système démocratique, le président Poutine organise un référendum " dont " beaucoup considèrent que l'on sait d'avance qu'il débouchera sur l'extension de facto à vie de son pouvoir", a encore dit Stephen Biegun.

Les Russes doivent approuver mercredi une vaste réforme constitutionnelle initiée par le président Vladimir Poutine et qui selon ses détracteurs vise à perpétuer sa mainmise sur la Russie après 20 années de pouvoir. Questionné sur l'état des relations entre Pékin et Moscou, le numéro 2 de la diplomatie américaine a indiqué, qu'il dépend des deux rivaux de Washington, Xi Jinping et Vladimir Poutine, qui ne pensent pas quitter le pouvoir. La participation tournait, quant à elle, autour de 65 %.

Le scrutin, prévu à l'origine en avril, a été repoussé à cause de la pandémie de coronavirus.

Le doute n'a jamais pesé quant à l'issue du scrutin: la réforme a été approuvée par le législateur en début d'année et le nouveau texte de la Constitution est déjà en vente dans les librairies. Pour éviter une trop forte affluence dans les bureaux de vote, il s'est déroulé sur une semaine et les électeurs devaient se munir de masques et de gants.

Vladimir Poutine avait, pour sa part, demandé mardi aux Russes de garantir " la stabilité, la sécurité et la prospérité " de la Russie, qu'il se targue d'avoir sortie du chaos post-soviétique. Courant juin, il a jugé ce changement nécessaire pour que le pays ne se perde pas dans "une quête de successeurs potentiels". Ces principes, censés fédérer les Russes, sont au coeur du système de valeurs patriotiques conservatrices du chef de l'Etat.

La réforme introduit aussi dans la Constitution des principes conservateurs chers au président - foi en Dieu, mariage réservé aux hétérosexuels, enseignement patriotique -, ainsi que des garanties sociales, comme l'indexation des retraites ou un salaire minimum supérieur au minimum vital. Outre la question des mandats, les amendements renforcent certaines prérogatives présidentielles, comme les nominations et limogeages de juges.

L'opposition russe a dénoncé une farce électorale destinée à ouvrir la voie à une présidence à vie pour Vladimir Poutine.

Selon les critiques du Kremlin, le pouvoir a multiplié les ruses pour s'assurer un succès retentissant et une participation électorale forte au scrutin.

Ce vote est intervenu sur fond de baisse de la popularité du président russe à cause d'une réforme des retraites décriée et de la crise du Covid-19.

L'aspect le plus insolite aura été l'installation de bureaux de vote de fortune en extérieur, dans les cours, des terrains de sports ou de jeux, sans grand respect du secret du vote ni surveillance adéquate des urnes. Le but de la manœuvre, d'après l'opposition, n'était pas de protéger l'électorat du nouveau coronavirus mais de se fabriquer un résultat sur-mesure. De mai 2018 à mai 2020, son taux d'approbation mesuré par l'institut indépendant Levada est passé de 79% à 59%. L'ONG spécialisée dans l'observation des élections Golos, honnie des autorités, a en outre dénoncé des pressions sur les fonctionnaires et d'entreprises sur leurs employés pour les pousser à voter.

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