Cisjordanie: les appels se multiplient contre le projet d'annexion israélien

Une boule de feu visible dans le secteur de Khan Younès après des frappes israéliennes dans la nuit de vendredi à samedi

Une boule de feu visible dans le secteur de Khan Younès après des frappes israéliennes dans la nuit de vendredi à samedi. Image AFP

C'était à partir de ce mercredi que Benyamin Netanyahu pouvait annoncer si Israël appliquait ou non le plan américain pour le Proche-Orient.

Ces échanges de tirs interviennent dans un contexte de tension croissante à l'approche d'une échéance clé sur le projet d'annexion par Israël de pans de la Cisjordanie occupée.

D'ailleurs, dans leur lettre au quartette international, les Palestiniens ont mis en garde qu'en cas d'annexion par Israël de toute partie de la Cisjordanie occupée cela "signifiera nécessairement l'annulation de tous les accords signés".

M. Netanyahu, qui a rencontré mardi à Jérusalem Avi Berkowitz, conseiller spécial de Donald Trump, et David Friedman, ambassadeur américain en Israël, "poursuit ses discussions avec les Américains", ont indiqué mercredi ses services.

Benyamin Nétanyahou optera-t-il pour une approche maximaliste avec le rattachement à Israël de la vallée du Jourdain et d'une centaine de colonies juives, ou une approche minimaliste en visant une poignée de colonies?

Les dirigeants palestiniens, du Fatah laïc au pouvoir en Cisjordanie au Hamas islamiste à Gaza, ont fustigé ce plan, également dénoncé par l'ONU, les Européens et la Ligue arabe.

Réagissant à ces propos, le ministère israélien des Affaires étrangères l'a accusée de " politiser " cette affaire et rappelé qu'Israël a annoncé en février qu'" il gèlerait ses liens avec la Haut-Commissaire, en raison de son attitude unilatérale et discriminatoire envers l'État d'Israël ". "La résistance considère une annexion de la Cisjordanie et de la vallée du Jourdain comme une déclaration de guerre contre notre peuple, et nous ferons en sorte que l'ennemi s'en morde les doigts", a proclamé le porte-parole des Brigades Ezzedine al-Qassam, Abou Obaida. La pauvreté, les restrictions de mouvements, la fin du versement des salaires de la part de l'Autorité palestinienne depuis plus d'un mois contribue à faire monter l'angoisse.

Les Palestiniens tentent de rallier des appuis contre le projet israélien qui fait voler en éclats, selon eux, les accords d'Oslo prévoyant une solution "à deux Etats", une Palestine viable aux côtés d'Israël.

Or depuis la signature de ces accords en 1993, la population dans les colonies, jugées illégales par le droit international, a plus que triplé pour dépasser aujourd'hui les 450.000 Israéliens. Plus de 2,8 millions de Palestiniens vivent aussi en Cisjordanie. Violation des droits de l'homme, illégalité internationale, violences incontrôlables, situation sanitaire et économique compliquée: les arguments pour un report sont nombreux. Parallèlement à cette mobilisation en terre palestinienne, la communauté internationale continue à faire pression sur le colon israélien pour annuler ce plan d'annexion dont les conséquences, avertissent plusieurs organisations, seront désastreuses pour toute la région.

"Nous n'allons pas nous asseoir à une table de négociations où sont proposés l'annexion ou le plan Trump car il ne s'agit pas là d'un plan de paix, mais d'un projet pour légitimer l'occupation" israélienne, a déclaré à l'AFP le négociateur des Palestiniens Saëb Erakat.

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