Fresque contre les "violences policières": le maire de Stains mis en demeure de la modifier

Stains dans le 93 la fresque en hommage à Adama Traoré et George Floyd a été vandalisée 4 juillet 2020

La fresque en hommage à Adama Traoré et George Floyd vandalisée à Stains – vidéo Sputnik

La fresque a été recouverte de graffitis ce samedi.

Réalisée par un collectif d'artistes locaux et inaugurée il y a un peu plus d'une semaine en présence du maire, l'œuvre représente, sur un fond bleu parsemé de nuages, les visages de George Floyd, Américain noir mort asphyxié par un policier blanc lors de son interpellation aux États-Unis le 25 mai dernier, et d'Adama Traoré, mort en juillet 2016 après son arrestation par les gendarmes à Beaumont-sur-Oise (Val-d'Oise), surplombés par ces mots: "Contre le racisme et les violences policières". Le 22 juin, 200 policiers avaient manifesté devant la préfecture de Bobigny à l'appel du syndicat Alliance pour condamner le texte inscrit sous les visages des deux hommes - " contre le racisme et les violences policières ".

A cette occasion, des représentants du syndicat avaient été reçus par le préfet de Seine-Saint-Denis Georges-François Leclerc, qui avait annoncé qu'il allait mettre en demeure le maire de Stains, Azzedine Taïbi, de retirer la mention "policières ".

Le ministre de l'Intérieur démissionnaire Christophe Castaner a estimé le lendemain sur Twitter que la fresque mettait "en scène un amalgame honteux entre racisme, violence et forces de l'ordre" et a soutenu "l'initiative" du préfet de Seine-Saint-Denis.

"Monsieur le préfet me met en demeure de supprimer le mot 'policières' de la fresque".

" Si cette fresque disparaît, si une lettre disparaît, le seul responsable sera le syndicat de police Alliance ", avait prévenu Assa Traoré, la sœur d'Adama et meneuse du Comité Adama, fer de lance de la mobilisation contre les violences policières. "Je ne saisis pas le sens de cette mise en demeure infondée", s'étonne Azzédine Taïbi, qui entend "étudier les suites à donner au préfet ", selon L'Express. " Je refuse que l'on salisse leur honneur ", avait-il ajouté, disant soutenir la démarche du préfet visant à modifier l'œuvre " face à ceux qui veulent attiser la haine ".

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