Des scientifiques alertent l’OMS sur le risque de transmission dans l’air — Coronavirus

239 chercheurs alertent l'OMS sur la transmission du coronavirus dans l'air

Plus de 200 scientifiques demandent à l'OMS de revenir sur ses recommandations au sujet du Covid-19

Alors que la pandémie de Covid-19 continue de se propager partout dans le monde, 239 chercheurs de 32 pays viennent de tirer la sonnette d'alarme.

L'Organisation mondiale de la santé soutient depuis longtemps que le coronavirus se propage principalement par de grosses gouttelettes respiratoires qui, une fois expulsées par des personnes infectées par la toux et les éternuements, tombent rapidement au sol. Selon eux, le risque de contamination bien plus élevé dans des espaces clos, mal ventilés et surpeuplés, où plusieurs personnes sont en contact proche pendant une longue durée.

Ce que montrent ces 239 chercheurs, c'est que la contamination est aussi possible, par des particules plus petites: ils demandent à l'OMS de réviser ses recommandations. Il n'est pas encore prouvé que ces particules peuvent provoquer des infections, mais les indices s'accumulent.

"Nous appelons la communauté médicale et les organismes nationaux et internationaux compétents à reconnaître le potentiel de transmission aérienne du Covid-19", écrivent dans la revue Clinical Infectious Diseases d'Oxford deux scientifiques, Lidia Morawska de l'université de Queensland (Australie) et Donald Milton de l'université du Maryland, dans un article signé par 237 autres experts.

En priorité, il faut mieux ventiler les lieux de travail, les écoles, les hôpitaux et maisons de retraite, et installer des outils de lutte contre les infections tels que des filtrations de l'air de haut niveau et des rayons ultraviolets spéciaux qui tuent les microbes.

Les autorités aux Etats-Unis et en Europe sont en avance sur l'OMS.

Le CDC européen a expliqué le 22 juin que la climatisation pouvait diluer le virus dans l'air et l'évacuer, mais qu'elle pouvait avoir l'effet inverse si le système de ventilation ne renouvelait pas l'air et le faisait recirculer dans les mêmes pièces.

D'autres cas de super-contagions, dans un autocar chinois et dans une chorale américaine, accréditent aussi la piste aérienne.

L'OMS fait la distinction entre les virus transmis par l'air, comme la rougeole, et les autres, mais "ce n'est pas un problème de dichotomie", dit à l'AFP l'une des signataires, la professeure Caroline Duchaine, directrice du laboratoire sur les bioaérosols à l'université de Laval au Québec.

Selon l'OMS, le Covid-19 ne correspondrait pas alors à la définition stricte d'un virus aéroporté, si bien que l'organisation mondiale préconise seulement de respecter la distance d'un mètre avec son interlocuteur et de se laver les mains après avoir touché des surfaces potentiellement contaminées.

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